Couple disparu dans les Deux-Sèvres : Une nouvelle battue organisée pour tenter de retrouver Kevin et Leslie

La dernière battue n’avait rien donné. Le 5 janvier dernier, une centaine de bénévoles, vêtus de gilets jaune fluo, se sont retrouvés au petit matin devant l’église de Prahecq (Deux-Sèvres), à l’initiative de la belle-mère de Kévin Trompat, Karine Prat. Le jeune homme, âgé de 21 ans, sa compagne, Leslie Hoorelbeke, 22 ans, et leur chien, un croisé berger allemand, se sont mystérieusement volatilisés dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 novembre, après avoir passé la soirée chez un ami chez un ami quadragénaire qui habite cette commune de la campagne niortaise.

Objectif de la battue : fouiller le bois proche du château de la Voûte et explorer les sentiers autour des villages de Fors et de Marigny, à une dizaine de kilomètres plus au sud. Parmi les participants, Théo, un ami du disparu. Il en est certain : Kevin n’aurait jamais pu partir « du jour au lendemain, sans prendre ses deux chiens, sans prendre son camion, enfin sans laisser de nouvelles à personne », a-t-il expliqué aux nombreux journalistes présents. Les proches du couple, qui se fréquentait depuis trois semaines, penchent pour « une mauvaise rencontre ».

10.000 euros en liquide

Une information judiciaire a d’abord été ouverte pour « disparition inquiétante », puis pour « enlèvement et séquestration » L’enquête, confiée aux gendarmes de la section de recherche de Poitiers, s’oriente vers la piste criminelle. Le parquet de Niort s’est en effet dessaisi du dossier, le 27 décembre dernier, au profit du pôle d’instruction criminelle de Poitiers. « On ne voit pas ce qui a pu se passer. Ils n’avaient pas d’ennemis. C’est des jeunes sans problème », a assuré Karine Prat.

Le soir de leur disparition, Kevin et Leslie ont passé une partie de la nuit chez Nicolas, un ami de longue date du jeune homme. Au cours de la soirée, Karine Prat est venue voir son beau-fils pour « lui amener des affaires dont il avait besoin », ainsi qu’une « somme d’argent pour acheter une voiture ». Pas moins de 10.000 euros en liquide, gagnés en travaillant au noir sur les marchés. Vers 21 heures, Kevin s’éclipse. Il a un rendez-vous sur la place de la mairie. « Il était stressé à son retour. Il n’était pas bien. Il s’est passé de l’eau sur le visage. Il m’a dit que le rendez-vous ne s’était pas passé comme prévu. Qu’il y avait cinq personnes louches dans une voiture », a témoigné sa belle-mère auprès du Courrier de l’Ouest. Cette dernière a quitté le couple vers 22h30.

« Depuis le départ, je leur dis qu’ils ont été enlevés »

La soirée s’est poursuivie jusqu’à 2h30 du matin. Au programme, blanquette de veau et jeux vidéo. Kevin et Leslie devaient ensuite dormir dans la maison voisine d’un autre ami, Tom, qui a rejoint une rave party à Parthenay. Lorsque ce dernier repasse chez lui le lendemain, il remarque que les affaires du couple ont disparu. Les deux amoureux devaient passer le week-end à Bordeaux où le jeune homme devait acheter une voiture. Mais ils n’y arriveront jamais. L’utilitaire de Leslie Hoorelbeke a été retrouvé à Prahecq et le van aménagé de son ami près d’une cabane de pêche à Coulon, dans le Marais poitevin.

Le 3 décembre, une enquête est ouverte par le parquet de Niort après que le père de la jeune fille, qui a lancé quelques mois plus tôt son entreprise en bâtiment, a signalé sa disparition à la gendarmerie. « Elle n’avait absolument pas l’intention de partir », a-t-il affirmé au journal Sud-Ouest. « Jamais, elle n’a laissé sous-entendre qu’elle voulait disparaître. » Kevin, lui, il recherchait un emploi et venait d’acheter son camion aménagé. Il envisageait même, selon sa belle-mère, d’ouvrir un magasin d’articles de pêche et de chasse, « sa passion ». « Il n’a pas envie de se sauver mon petit, c’est ce que je dis depuis le début aux flics », a déclaré son père, Guy, au Courrier de l’Ouest. « Depuis le départ, je leur dis qu’ils ont été enlevés », a-t-il ajouté. « Je veux retrouver mon fils le plus vite possible. Je vais devenir fou. »

Les proches de Kevin ont décidé d’organiser une nouvelle battue. Le rendez-vous est fixé ce samedi, à Fouras. Là où le téléphone du jeune homme aurait borné pour la dernière fois le 29 novembre.