Coupe du monde féminine: Pourquoi n’y a-t-il pas de matchs au Vélodrome, à Marseille?

Amandine Henry et les Bleues n’ont disputé qu’un match amical à Marseille. — B. Horvat / AFP

  • La mairie de Marseille ne s’est pas portée candidate pour recevoir un ou plusieurs matchs de la Coupe du monde féminine.
  • Au moment des candidatures, en 2014-15, les élus marseillais ne pensaient pas que les footballeuses pourraient remplir les 67.000 places du Vélodrome.

Ce n’est même pas un Marseillais qui le dit. Selon Laurent Koscielny, né à Tulle, « si la France avait joué la finale de l’Euro 2016 au Vélodrome, le résultat final aurait certainement été différent. » Et si l’équipe de France féminine jouait son (probable et) terrible quart de finale contre les Américaines à Marseille, que se passerait-il ? On ne le saura jamais : la deuxième ville de France n’accueille pas un seul match de la Coupe du monde​. Parce que la municipalité n’a pas postulé, tout simplement.

« Le Vélodrome n’est-il réservé qu’à la testostérone dans le football, le rugby ou le cyclisme ? » Le tacle, les deux pieds décollés, est l’œuvre du communiste Jean-Marc Coppola, ce lundi, en conseil municipal. Vu la ferveur autour des Bleues, on comprendrait que les têtes pensantes du sport marseillais regrettent amèrement d’avoir loupé le coche en 2014-2015.

Une tentative d’enfumage, puis des aveux

Certains tentent, d’ailleurs, une petite opération d’enfumage. « Bien sûr qu’on a postulé, et on n’a tout simplement pas été retenu, car l’Orange Vélodrome a été jugé beaucoup trop grand par les organisateurs. D’ailleurs, on a obtenu l’organisation du match amical France – Italie en compensation », assure un dirigeant du stade marseillais. A la FFF, on s’étrangle un peu en entendant cela : « Marseille n’a pas du tout été candidate ! Il n’y a eu que onze dossiers déposés en temps et en heure début 2015, pour neuf villes retenues. »

Les seules recalées sont donc Auxerre et Nancy… Mais les regrets sont nombreux, glisse-t-on à la FFF. « Plusieurs villes, dont Bordeaux, ont manifesté leur intérêt en 2015, 2016… C’était bien trop tard. » Et Marseille, alors ? Officiellement, les décideurs du sport marseillais assurent ne rien regretter. Mais l’adjoint aux sports Richard Miron (LR) joue la carte de la franchise, et avoue que Marseille n’a tout simplement pas postulé, à l’époque :

J’ai téléphoné à la FFF, pour prendre la température. Ils m’ont dit qu’ils ne souhaitaient pas trop de grands stades, que l’engouement ne serait pas forcément au rendez-vous… La ferveur autour du football féminin n’était pas, à l’époque, ce qu’elle est aujourd’hui ! Ils m’ont aussi dit qu’on avait déjà eu l’Euro 2016… »

Le Groupama Stadium, à Lyon, a accueilli six matchs de l’Euro 2016, compte 59.186 places (67.394 pour le Vélodrome)… Ce qui ne l’empêche pas d’accueillir les demi-finales et la finale de la Coupe du monde féminine. « Cela prouve bien que nous n’avions rien contre les grands stades, d’autant que des matchs sont aussi organisés au Parc des princes (48.583 places) », reprend un porte-parole du comité organisateur de la Coupe du monde, qui n’a « jamais entendu parler » d’un échange, même informel, entre la FFF et les élus marseillais pour discuter de la viabilité d’une candidature marseillaise.

« Balbutiements »

« On ne peut pas nous comparer à Lyon en matière de football féminin, reprend Richard Miron… Surtout qu’il n’en était, à l’époque, qu’à ses balbutiements à Marseille. » La section féminine de l’OM, relancée quatre ans plus tôt, évoluait en D2 (comme cette année). Et pour l’élu marseillais, l’engouement autour du football féminin « ne remonte qu’à la semaine dernière. » Dommage, c’était un peu tard pour postuler…

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