Coupe du monde féminine: «Ça fait tache»… Wendie Renard et les Bleues racontent l’incroyable but contre son camp

Eugénie Le Sommer est venu soutenir Wendie Renard après son but contre son camp. — Valery HACHE / AFP

  • La défenseure centrale des Bleues a marqué un but contre son camp mercredi soir lors de la victoire (2-1) des Bleues contre la Norvège. 
  • Aprés son doublé vendredi dernier contre la Corée du Sud, Wendie Renard a vécu une soirée moins rigolote face aux Norvègiennes. 
  • Les joueuses n’ont pas voulu charger leur coéquipière, qui a par ailleurs tenu la baraque en défense. 

De notre envoyé spécial à Nice,

Allez hop, ça, ça va direct entrer dans le placard à archives des buts marqués contre leur camp les plus cramés de l’histoire de la Coupe du monde féminine. Et à une place de choix s’il vous plaît. Héroïne du match d’ouverture vendredi au Parc des Princes après son doublé de la tête contre la Corée du Sud, Wendie « coup de boule » Renard est tombée plus bas que terre à l’Allianz Riviera de Nice.

Alors que les Bleues venaient d’ambiancer le public en ouvrant le score en tout début de seconde période, la taulière de l’équipe de France et de l’OL s’est rendue coupable d’un but contre son camp totalement what the fuck : en voulant prolonger en corner un centre à ras de terre d’une Norvégienne, Renard a glissé un magnifique plat du pied au fond de ses propres filets. Consternation dans le stade, tempête dans son crâne. Les mains sur les hanches, les yeux au ciel, la défenseure centrale a dû se demander ce qui venait de lui tomber sur la tête.

Et là, c’est le drame

Passée en zone mixte après la rencontre, la joueuse est revenue longuement sur ce but égalisateur. Petite plongée dans la tête de Renard sur l’action qui tue.

« Le centre arrive, t’as une attaquante qui est sur le côté donc je sais qu’il en reste une qui va arriver dans mon dos. Amel me parle mais, avec le bruit dans le stade, je ne comprends pas trop ce qu’elle me dit, alors je mets le pied pour envoyer le ballon en corner, sauf qu’il a terminé au fond… Je crois que je touche un peu la balle avec le talon, ça fait tache, c’est un but gag, ça fait mal collectivement car on avait fait les efforts pour marquer et ce but aurait pu nous mettre en difficulté mentalement, mais on a démontré qu’on était costaud. On a fait les efforts pour marquer le deuxième et ça l’a fait. »

Soulagée que l’équipe s’en sorte finalement avec la victoire grâce au péno transformé par Eugénie Le Sommer, la Martiniquaise a lâché la pression au micro de TF1 en glissant une petite vanne, histoire de dédramatiser l’affaire : « Là, je pense que je vais passer au Zapping mais je m’en fous, on a gagné et c’est le plus important. »

C’est beau la solidarité

Les coéquipières de Renard n’ont évidemment pas tiré sur leur pote, bien au contraire. « On est allé la voir, on lui a fait une petite tape amicale pour qu’elle reste dans son match, pour lui faire comprendre qu’on était avec elle dans ce moment compliqué. On lui a dit que ce n’était pas grave, qu’on allait marquer derrière, a raconté Griedge Mbock après la victoire. Mais bon, de toute manière Wendie est costaud et c’est pour ça qu’elle s’est vite remise dans son match. Elle ne s’est pas laissée déstabiliser par ça et c’est à ça qu’on reconnaît les grandes joueuses. » La fautive valide à 100 % et se la joue stoïcienne : « Ce sont des situations qui arrivent et on doit être capable de vite switcher. Si on faiblit mentalement, on n’est pas fait pour le sport de haut niveau. C’est ça le niveau international, un jour t’es tout en haut, le lendemain t’es tout en bas. »

Pour Gaëtane Thiney, « il n’y a rien à dire, ça reste la meilleure défenseure centrale du monde. Ça arrive, elle a dû croire qu’il y avait une joueuse qui arrivait dans son dos et elle a voulu anticiper et ça a été très vite rattrapé avec le penalty d’Eugénie, donc on va dire que c’est un non sujet. » Défenseure elle aussi, Marion Torrent dégaine la carte solidarité. « Vous savez, sur ce genre de centre fuyant, pour un défenseur qui court vers son but, c’est toujours difficile de gérer », confie-t-elle. Et puis, comme le dit Amandine Henry, « même si ce n’est pas marrant, Wendie a eu le mental pour rebondir et ça s’est vu tout de suite, elle a gagné beaucoup de duels et heureusement qu’elle était là. »

Trop tôt pour la chambrer

A l’arrivée il n’y a pas mort d’homme et, en marquant le péno du 2-1, Eugénie Le Sommer a fait passer une possible cagade qui coûte deux points en anecdote poilante qu’elles raconteront à leurs petits-enfants le soir au coin du feu. « Je savais que c’était difficile pour Wendie parce qu’elle s’en voulait énormément. Je la connais bien, je sais tout ce qu’elle peut nous apporter. Elle est venue vers moi pour me remercier, je lui ai dit « non, mais, au premier match c’est toi qui as mis deux buts » », rigolait la buteuse française.

Il n’empêche, ça va mieux en le disant : « Elle nous a sauvé la mise et au bout du compte, c’est très bien pour nous, c’est très bien pour moi. » Si personne n’a semblé en vouloir à la tour de contrôle de la défense tricolore, Griedge Mbock a promis de ne pas chambrer sa compatriote. « Enfin, pas tout de suite ! » Smiley clin d’œil.

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