Coupe du monde de rugby : Les All-Blacks piétinent l’Irlande (46-14) et se qualifient pour les demies

Le All-Black George Bridge saute au-dessus de Robbie Henshaw après un essai manqué de l’Irlandais, en quart de finale de la Coupe du monde à Tokyo, le 19 octobre 2019. — Jae C. Hong/AP/SIPA

De notre correspondant à Tokyo (Japon),

Les Irlandais ont-ils senti venir le vent de l’avoinée ? Les supporters du XV du Trèfle, qui avaient envahi vendredi soir les pubs de Tokyo pour y distiller une ambiance typiquement dublinoise, semblaient pourtant relativement calmes dans les dernières heures avant leur quart de finale de la Coupe du monde de rugby contre la Nouvelle-Zélande. La rue menant de la gare la plus proche au stade Ajinomoto de Tokyo, où résonnent tous les week-ends les chants d’avant-match, semblait plus silencieuse que d’habitude, et les groupes religieux qui profitent de l’occasion pour distribuer leurs flyers, extrêmement visibles.

Quasiment inaudible aussi sur le terrain, l’Irlande a été battue (46-14) ce samedi après avoir subi pendant 80 minutes la loi des doubles champions du monde. Les hommes en vert, qui n’ont jamais dépassé le stade des quarts, reprendront donc l’avion une fois de plus sans avoir vu le dernier carré.

Le haka « sacré » ou « marketing » ?

C’est peut-être au moment du haka des All-Blacks que l’on a le plus entendu le public irlandais. Le mois dernier, un journaliste irlandais avait lancé une énième polémique sur la danse rituelle des All-Blacks exécutée juste avant le coup d’envoi, jugeant ce moment « très surfait ». Ewan McKenna avait aussi accusé la chorégraphie ancestrale d’être « une opération marketing » et « une insulte aux Maori », qui donnait un avantage injuste aux Néo-zélandais alors que leurs adversaires sont forcés de regarder, immobiles. « Le haka est quelque chose de très sacré pour nous et nous donne de l’énergie », a répondu le demi d’ouverture Richie Mo’unga.

« Ce ne sont pas les All-Blacks qui l’ont inventé, ce sont nos ancêtres. En tant que Kiwi et Maori, c’est une chose très spéciale, donc on va continuer à le faire. » Ce samedi, le spectacle était avant tout visuel : les supporters irlandais ont pris soin de couvrir le haka par leurs chants, une attitude jugée irrespectueuse par certains.

« Les Blacks ont été fantastiques ce soir »

La réponse néo-zélandaise, sur le terrain, n’a pas tardé. Dès les premières minutes, alors que les Irlandais multiplient les pertes de balles, les Blacks exploitent méthodiquement les failles de leurs adversaires, claquant deux essais dans les 14 premières minutes du match. Les vagues d’attaque vertes viennent se briser sur le mur néo-zélandais, et à chaque fois, le reflux est terrible. A la 31e, c’est encore un ballon glissé des mains irlandaises qui est récupéré, poussé au pied sur dix mètres jusqu’à l’en-but puis aplati par Bauden Barrett. Les hommes de Steve Hansen terminent la première mi-temps à 22-0.

« Les Blacks ont été fantastiques ce soir, reconnaît les larmes aux yeux le capitaine irlandais, Rory Best, qui disputait le dernier match de sa carrière. On s’était préparés toute la semaine, on pensait qu’on avait une stratégie, qu’on avait assez en réserve pour les battre, mais ils sont arrivés, nous ont attaqués durement, nous ont tenus sur la défensive et, comme toutes les bonnes équipes, ne nous ont pas laissé en revenir. »

Le Black festival se poursuit en deuxième mi-temps, face à des Irlandais qui ne trouvent aucune clé pour surprendre leurs adversaires, parvenant quand même, finalement, à planter deux essais dans les quinze dernières minutes. Les Kiwis, eux, en ont inscrit sept. « Je n’ai pas vraiment d’excuse ou d’explication pour ça, commente sobrement le coach des Irlandais, Joe Schmidt. On a été vraiment très bons l’an dernier, mais quand on est au sommet, il y a toujours une rechute. On est des êtres humains. On n’a pas su être performants ce soir. » Les All-Blacks, invaincus en Coupe du monde depuis 2007 (c’était contre la France), poursuivent leur petit bonhomme de chemin vers un possible quatrième titre, avec sur leur route l’Angleterre d’Eddie Jones en demies.

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