Coupe du monde 2022 : Les chants homophobes, « un folklore » pour Hugo Lloris, le brassard « One Love » abandonné

Une triste coïncidence. Ce lundi, les sept équipes européennes qui avaient prévu de porter au Mondial au Qatar un brassard coloré « One Love » contre les discriminations ont renoncé face à la menace de « sanctions sportives » de la part de la Fifa. L’Angleterre, le pays de Galles, la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse ne souhaitent pas que leur capitaine respectif encoure un carton jaune en raison de ce brassard inclusif, tout en se disant « frustrés » par l’inflexibilité de la Fifa.

L’opération « One Love » avait été abandonnée par les Bleus dès la semaine passée. « La Fifa organise la compétition, définit un cadre, des règles, a indiqué le capitaine de l’équipe de France, Hugo Lloris. Nous, joueurs, ce qu’on nous demande, c’est de jouer au football, de représenter au mieux nos pays sportivement. Je préfère rester dans mon cadre, celui de joueur et de compétiteur. Il y a différentes causes qui sont louables, qu’il faut soutenir. Mais la Fifa décide de l’organisation. »

« Ça fait partie du décor »

Un peu plus tôt dans la matinée, le gardien des Bleus avait été épinglé par le site Arrêt sur images, qui indique qu’un clip de lutte contre l’homophobie, dans lequel témoignaient trois joueurs des Bleus (Lloris, Koundé et Clauss) a été enterré par la Fédération française de football. Dans cette vidéo, Hugo Lloris indiquait bien qu’il était « contre toute forme de discrimination, et l’homophobie en fait partie, parce que ça n’a pas sa place dans la société mais également dans le football. »

Mais au moment de répondre à une question posée par Yoann Lemaire, président de l’association de lutte contre l’homophobie Foot ensemble, sur les chants homophobes présents dans les stades ainsi que les insultes homophobes que l’on peut entendre sur le terrain, l’ancien Lyonnais a assuré que c’était « le folklore. Lorsqu’on est sur un terrain, ça fait partie du décor, les supporteurs qui chambrent, on peut se faire insulter. À la rigueur on peut s’en servir comme motivation supplémentaire dans l’adversité, on a envie d’en découdre sur le terrain. » Un propos pour le moins maladroit qui a sans doute poussé la Fédé à jeter ce clip aux oubliettes.