Coupe du monde 2022 : Et si Deschamps bluffait à mort avec sa défense à quatre pour les Bleus ?

A Clairefontaine,

A l’image de cette Coupe du monde qui démarre sans qu’on ait vraiment eu le temps de claquer la bise à notre bonne vieille Farmers League, la première conférence de presse de Didier Deschamps à Clairefontaine, lundi après-midi, a été le théâtre des premiers débats enflammés entre les journalistes présents sur place, preuve qu’on est déjà entrés de plain-pied dans le concret.

Avec le forfait de dernière minute de Presnel Kimpembe, qui a tenté de croire jusqu’au bout que son physique tiendrait la route avant de finalement se rendre à l’évidence – la jurisprudence Samuel Umtiti est peut-être passée par là – et la première convocation en Bleu d’Axel Disasi, les bruits du café du commerce ont tourné quasi exclusivement autour de la défense.

Comme lors de l’annonce de la liste-des-25-devenus-26, lundi dernier, au siège de TF1, le sélectionneur l’a de nouveau juré, croix de bois, crois de fer, on jouera à quatre derrière et si je mens je vais en enfer. Quand un confrère lui a demandé s’il connaissait l’identité de la charnière centrale censée débuter face à l’Australie dans huit jours, Deschamps a acquiescé : « Oui, je sais ce que je vais faire ». Mais alors, qui pour remplacer l’ami Presko ? « Les deux qui ont le plus l’habitude de jouer à gauche en étant droitier, c’est-à-dire Konaté et Upamecano. »

Cette franchise à outrance du sélectionneur, que l’on connaît habituellement plutôt adepte du mystère, du genre « oh, vous voulez que je vous donne toute la compo, aussi ? ! », intrigue en ce premier jour de rassemblement, autant que l’identité des deux bizuths concernés, même si là encore, la jurisprudence Umtiti peut servir : l’inoubliable buteur de la demi-finale face à la Belgique, qui tente de relancer sa carrière à Lecce, n’avait jamais été titulaire avec les Bleus avant de disputer le quart de finale de l’Euro 2016, et les deux matchs qui ont suivi.

Tu bluffes, Martoni ?

Chez nos confrères, deux camps s’opposent. Ceux qui avancent que le vieux DD, à l’orée de ce qui pourrait être son dernier Mondial en tant que sélectionneur, lâche du lest en se montrant d’une transparence rare. Après tout c’est bientôt la fin et puis, bon, il manquerait plus que l’Australie nous fasse trembler des gambettes, ou quelque chose dans ce goût-là. Et il y a ceux qui n’achètent pas, mais alors pas du tout. Ceux-là connaissent leur Deschamps. « Non mais tu l’as déjà vu honnête une seule fois ? », se marre un collègue à deux doigts de pencher vers la théorie du complot.

Pour lui et quelques autres (et il y en a aussi à 20 Minutes, sachez-le), le champion du monde est gentiment en train de nous la faire à l’envers pour nous endormir, et le sélectionneur australien avec. Avec l’idée de nous sortir du chapeau une défense à trois le 22 novembre prochain au stade Al Wakrah Sports Club de Doha. Si c’est effectivement ce qui se trame en coulisse, alors saluons l’adresse d’Hugo Lloris, qui a joué le jeu du maître sans la moindre fausse note en conférence de presse.

« Le retour à une défense à quatre ? Il y a eu des discussions entre les joueurs et le sélectionneur mais c’est lui qui prend la décision. Il est fidèle à ses principes, il pense collectif, il veut mettre les joueurs dans les meilleures dispositions, a parfaitement récité le capitaine tricolore. L’idée c’est de retrouver une certaine solidité dans ce tournoi car on a été un peu trop exposé ces derniers temps. Mais quel que soit le système utilisé, je dis toujours qu’il y a ensuite l’animation mise par les joueurs, les efforts, la qualité dans les transmissions. Nous, on a cette responsabilité de faire ce qu’il faut pour que l’énergie soit positive et que les résultats soient au rendez-vous ». Bien joué Patrick Bruel.

Pas de réponses d’ici Doha, a priori

Si la franchise du vieux briscard à qui on ne l’a fait plus à de quoi étonner, disons-le, l’hypothèse d’une machination maléfique version House of Cards serait stout de même sévèrement burnée de la part de Didier Underwood. D’autant plus que le sélectionneur a choisi de laisser le piston Jonathan Clauss au terril alors qu’il aurait parfaitement pu le rappeler ce lundi après le forfait de Kimpembe. Sacrifier un joueur juste pour une histoire de bluff, on n’ose y croire. Mais ce n’est pas comme si on n’avait pas déjà une cargaison de marchandise au poste d’arrière central. Alors, défense à trois, défense à quatre ? Complot, pas complot ? Les premiers entraînements au château, lundi et mardi, nous en apprendrons peut-être un peu plus. Quoique… Si DD a décidé de nous embrumer l’esprit, il y a peu de chance qu’il nous montre la lumière dans la grisaille de Clairefontaine.