Coupe du monde 2022 : « Concernant mon rôle, tout est clair »… Giroud montre patte blanche avant le début du Mondial

De notre envoyé spécial à Doha,

Le bonhomme a retenu la leçon. Tout premier Français à se présenter devant les médias, moins de 24 heures après l’arrivée des Bleus à Doha, Olivier Giroud a réalisé une conférence de presse en tout point parfaite d’un strict point de vue de la com’. On était loin, très loin de ses déclarations au chalumeau en direction de Mbappé sur les fameux « ballons qui n’arrivent pas » et qui avaient eu le don de mettre le feu à la baraque avant le départ pour l’Euro 2021. Des déclas qui n’avaient absolument pas plu au sélectionneur, lequel avait fini par l’écarter du groupe en septembre, pensant que celui-ci n’accepterait jamais son déclassement après le retour en sélection de Karim Benzema et la prise de pouvoir de Kylian Mbappé.

Finalement de la partie après avoir été rappelé lors du dernier rassemblement du mois de septembre – grâce à la blessure de KBNueve – Giroud a tenu à prouver à son sélectionneur qu’il ne serait plus jamais un problème pour le groupe. Son rôle de joker est parfaitement intégré, comme il l’a expliqué d’emblée jeudi soir dans les entrailles du stade Al-Saad de Doha : « Je suis très heureux de faire partie de l’aventure, c’est une grande fierté pour moi de pouvoir disputer ma troisième coupe du monde. Concernant mon rôle, tout est clair avec le coach, il n’y a rien à rajouter. Dès qu’il aura besoin de moi j’essaierai d’apporter le maximum à cette équipe, comme je l’ai toujours fait. »

Giroud répond à Kyky sur la question du pivot

Un mot pour rassurer le coach, donc, puis un autre pour Kylian Mbappé, qui n’avait pas hésité après leurs embrouilles de l’été dernier à mettre en avant l’importance de Giroud en équipe de France, au lendemain de la victoire (1-0) en Autriche le 22 septembre, puisque cela lui permettait de ne pas jouer pivot. Rôle qu’il honnit, comme il nous l’a plusieurs fois fait comprendre ces dernières semaines. « Je suis un attaquant qui a des qualités de target man comme on dit en Angleterre, un rôle de pivot qui fait que mes coéquipiers peuvent s’appuyer sur moi en guise de relais. Contre l’Autriche on l’avait bien fait avec Kylian, c’est quelque chose qu’il apprécie. C’est toujours un plaisir d’entendre les éloges de ses pairs, c’est bon pour la suite. » Voilà pour la pommade au petit prince.

Si l’attitude et le ton ont changé par rapport à 2021, ça ne veut pas dire pour autant que le garçon a volé sa place parmi les 26. « L’équipe de France est un fil rouge pendant une carrière, et pour y aller il faut être décisif et important dans ton club. Ça a été le cas avec Milan, c’est ce qui m’a donné beaucoup de confiance. Et surtout, quand je suis venu en équipe de France, j’ai fait le boulot, c’est ce qui m’a permis d’être ici aujourd’hui », a-t-il expliqué.

« Je n’ai pas de limites »

Dans un rôle de remplaçant, certes, ce qui ne l’empêche pas de rappeler au sélectionneur que le vieux en a toujours sous la semelle. « Je me sens bien physiquement, bien dans mon jeu, dans mon club, et bien sûr en équipe de France. De là à dire que c’est la période la plus faste de ma carrière, je ne sais pas, mais c’est vrai qu’à 36 ans être aussi décisif et se sentir bien, c’est un cadeau. Je n’ai pas de limites, j’ai toujours faim, je jouerai tant que mon corps me le permettra. On n’est jamais satisfait, c’est pour ça que j’en veux toujours plus. »

Déclassé, pas déclassé, on l’aura compris, La Gire est prête à tout casser. Et cela pourrait arriver plus vite que prévu puisque Benzema ne paraît pas vraiment parti pour commencer le premier match contre l’Australie mardi. On s’avance peut-être un peu, il reste encore cinq jours avant ce premier match de groupe, mais voir le Madrilène trottiner à l’écart du groupe jeudi (aux côtés du seul Varane, lui aussi en délicatesse physiquement), après avoir déjà été ménagé à Clairefontaine lors des deux premiers entraînements, ne participe pas à nous rassurer. Olivier, tiens-toi prêt.