Coupe du monde 2022 : « Ces derniers temps, il est adoré ! », Deschamps pique les journalistes au sujet de Giroud

De notre envoyé spécial à Doha,

Les conférences de presse de veille de match, plus convenues tu meurs, accouchent rarement de grands moments médiatiques et ne nous apprennent jamais plus que ce que l’on sait déjà sur l’état des troupes. Celle de Didier Deschamps, passé maître Yoda en la matière, à 24 heures du match contre l’Australie, n’a pas dérogé à la règle. Jusqu’à ce qu’un journaliste étranger prenne le micro et récite scolairement la question qu’il avait préparée sur son petit calepin. Ce qui donne à peu près ça : « La France a perdu Benzema, mais il y a Giroud. Il est brillant à Milan mais il n’est pas très apprécié en France, qu’en pensez-vous ? ».

Réponse amusée du sélectionneur : « Ces derniers temps il est adoré, même là (dans la salle), et pourtant il y en a beaucoup qui l’ont critiqué !, lâche-t-il avec un grand sourire devant une salle hilare. Mais depuis (la blessure de Giroud on imagine), pouah ! Un titulaire indiscutable. La France est ravie, moi aussi et Olivier aussi ». Il aurait aussi pu ajouter que c’est lui et lui seul qui a décidé de snober le Milanais pour choisir les beaux yeux de Benzema au lendemain de l’échec à l’Euro. Les drames de la mémoire sélective…

Content de son effet, DD a repris son sérieux pour répondre plus en détail à notre confrère. « Il fait partie de ce groupe, ça fait un moment qu’il est là, ça fait très longtemps, avec la capacité qu’il a, dans son registre, qui fait de lui un attaquant qui, même quand il ne marque pas – il a eu des périodes où il n’a pas marqué – est très utile parce qu’il faut marquer les autres. » Un moment qu’il est là, oui et non, si l’on peut se permettre. Black-listé au lendemain de l’Euro, l’ancien chouchou du sélectionneur n’a dû son retour lors du dernier rassemblement de septembre (et sa convocation au Mondial) qu’à la blessure de Karim Benzema.

Giroud passe de joker à titu indiscutable

Avec le forfait du Madrilène et son départ en vacances prématurées, le voilà donc propulsé dans la peau du titulaire à la pointe de l’attaque des Bleus, comme quatre ans auparavant en Russie. « Quelle carrière ! », aurait dit le Stéphane Guy de l’époque Canal. Et c’est vrai que la trajectoire de la Gire et le fait que son destin a toujours été intimement lié à celui de Karim Benzema seraient un sujet de thèse à eux seuls.

Mercredi soir, lors de la première conférence de presse des Bleus à Doha, celui-ci avait dit qu’il se préparait comme s’il devait débuter chaque match et qu’il abordait ce Mondial comme un gosse, « comme si c’était le premier ». Bien lui en a pris, demain c’est lui qui sera chargé de sanctionner les « Socceroos » dans la surface. Avec dans le viseur le record de Titi Henry, meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France avec 51 pions. Giroud n’est plus qu’à deux longueurs de l’ancien Gunner et notre petit doigt nous dit que ce Mondial 2022 est pour lui.