Corse : Le parquet national antiterroriste saisi après l’annonce de la reconstitution d’un FLNC

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avait annoncé en 2014 qu’il déposait les armes, au terme de quatre décennies marquées par plus de 4.500 attentats revendiqués. — AFP PHOTO STF / AFP

Après l’annonce de la reconstitution d’un FLNC, faite par un groupe de cinq hommes masqués, le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête ouverte, a indiqué le procureur d’Ajaccio, ce mardi.

« Je vous confirme que le parquet national antiterroriste se saisit de cette revendication », a déclaré Eric Bouillard, procureur de la République d’Ajaccio, ajoutant : « On a prêté beaucoup d’attention à cette action, le parquet de Paris prendra la suite. » Une enquête pour association de malfaiteurs terroristes devrait être ouverte directement par le parquet national et être confiée conjointement aux services de police et de gendarmerie, a précisé une source proche de l’enquête.

Interdiction « pour les Non-Corses d’acheter des biens fonciers ou immobiliers »

Un groupe de cinq personnes, se présentant comme un nouveau FLNC, a remis à Corse-Matin lors d’une conférence de presse clandestine un communiqué « d’interdictions et de préconisations » pour « sauver le peuple corse », a révélé le journal ce mardi. « Nous, patriotes corses, avons décidé de nous unir pour reconstituer le FLNC », écrit le groupe dans ce communiqué d’une page titré « FLNC Per l’Indipendenza (Pour l’indépendance) ». Une vidéo de 34 secondes diffusée sur le site du quotidien​ montre, dans un sous-bois et de nuit, cinq personnes cagoulées et vêtues de noir, derrière une banderole sur laquelle est écrit FLNC. Plusieurs serrent le poing et au moins un brandit un fusil.

Le groupe se revendique du « manifeste historique du 5 mai 1976 » du FLNC et assure : « Conformément à l’engagement historique du FLNC, nous ne porterons jamais atteinte aux personnes, mais seulement aux biens. » Parmi les interdictions figure celle « pour les Non-Corses d’acheter des biens fonciers ou immobiliers ». Les biens acquis au cours des 10 dernières années doivent être revendus « à leur prix d’achat d’origine » et seuls des Corses – communes ou Collectivité de Corse – pourront les acheter pour en faire « principalement » des logements sociaux.

Des interdictions pour « sauver le peuple corse d’une disparition programmée »

Le communiqué réclame également une interdiction de créer toute nouvelle enseigne de grande distribution, appelle à « remplacer les étrangers par des Corses dans tous les emplois », à limiter le tourisme à 600.000 personnes par mois pour juillet et août, et exige un enseignement obligatoire du corse d’une heure par jour de la maternelle au CM2. Le groupe apporte également une forme de soutien à la majorité nationaliste au pouvoir dans l’île, assurant qu’elle est « cohérente ». « Nous ne doutons pas de la sincérité et de l’engagement patriotique des élus de la majorité territoriale », écrivent-ils, « mais nous regrettons qu’ils continuent de s’égarer sur un chemin qui conduit à l’intégration définitive du peuple corse dans la société française ».

« Nous veillerons, par la force si nécessaire, à ce que ces interdictions et préconisations » soient appliquées, « car elles sont seules en mesure de sauver le peuple corse d’une disparition programmée », conclut le document avant la mention en corse « La liberté ou la mort ». Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avait annoncé en 2014 qu’il déposait les armes, au terme de quatre décennies marquées par plus de 4.500 attentats revendiqués. L’annonce de cette « reconstitution » survient dans un contexte marqué depuis plusieurs mois par de nombreux actes de violence en Corse, où élus et personnalités de la société civile ont dénoncé au cours des derniers jours une « emprise mafieuse » sur l’île.

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