Corse : Deux enquêtes ouvertes par l’IGPN après les soupçons de fuites à la PJ

Guy Orsoni a échappé à une tentative d’assassinat en septembre 2018 à Ajaccio. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

  • L’IGPN a ouvert une enquête judiciaire et une enquête administrative dans le cadre de l’enquête sur la tentative de Guy Orsoni en septembre 2018 en Corse.
  • Trois personnes étaient parvenues à s’enfuir avant un coup de filet opéré par la police le 28 septembre, la PJ avait été dessaisie.
  • Joseph Menconi, suspecté d’avoir joué un rôle dans la tentative d’assassinat, a pu passer un coup de téléphone à sa femme en garde à vue grâce au téléphone d’un policier.

Deux enquêtes ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale, IGPN​, après des soupçons de fuites. Une première enquête judiciaire pour « violation du secret de l’enquête » et une seconde enquête administrative ont été ouvertes par la police des polices sur la gestion du dossier de la tentative d’assassinat de Guy Orsoni, en Corse, a-t-on appris lundi de sources proches de l’affaire.

La police judiciaire en Corse avait été dessaisie de cette enquête après que trois membres présumés de la bande criminelle du « Petit Bar » ont échappé à un coup de filet policier le 28 septembre dernier à Ajaccio.

Appel pendant une garde à vue

Des problèmes de procédure ont également été constatés et concerneraient à la fois la PJ insulaire et l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) basé en région parisienne, ont indiqué des sources proches du dossier, confirmant des informations de presse. Selon L’Obs, Joseph Menconi, un des cinq hommes mis en examen pour la tentative d’assassinat contre Guy Orsoni, a pu passer un appel pendant sa garde à vue en utilisant le téléphone d’un policier de l’OCLCO.

Cet appel à destination de la compagne de Joseph Menconi a été enregistré par la police judiciaire de Versailles, qui enquêtait sur une autre affaire, et a été signalé à la juge d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.

« Il payera pour des années de dysfonctionnements »

Ces découvertes ont donné lieu aux deux enquêtes de l’IGPN et pourraient se traduire par des sanctions notamment à l’encontre du directeur régional de la police judiciaire en Corse, le commissaire Lucien Arleri, en fonction depuis seulement quelques mois, selon plusieurs médias.

Si son départ est confirmé, « il payera pour des années de dysfonctionnements » de la PJ insulaire, a assuré une source proche du dossier, dénonçant des méthodes « à l’ancienne » avec des « coups tordus » et des négociations menées avec des délinquants sans accord des magistrats chargés des affaires.

Retrait d’habilitation ?

« Dans ce genre d’affaires, il n’y a pas d’agents spécifiquement désignés, c’est à l’IGPN de déterminer les responsabilités », a indiqué une autre source proche du dossier, précisant que c’était le directeur général de la police nationale (DGPN) qui avait saisi l’IGPN pour l’enquête administrative et qui déciderait des éventuelles sanctions à prendre. Le chef de l’OCLCO pourrait également être visé par l’enquête administrative, a précisé une troisième source.

Lucien Arleri pourrait aussi se voir retirer son habilitation d’officier de police judiciaire, une procédure qui « n’est pas encore engagée », a assuré le procureur général près la cour d’appel de Bastia Jean-Jacques Fagni. « S’il y a effectivement des griefs avérés à l’encontre des responsables de la PJ », notamment « un non-respect » de leurs obligations ou « un défaut de loyauté », « je ne manquerai pas d’engager une procédure de retrait d’habilitation » mais « pour l’instant il n’y a rien d’engagé du tout, j’attends d’avoir des éléments concrets », a-t-il affirmé.

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