Corruption et dopage : Deux ans de prison ferme pour l’ancien président de la Fédération internationale Lamine Diack

L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme Lamine Diack a été condamné à de la prison ferme, le 16 septembre 2020 à Paris. — Thibault Camus/AP/SIPA

Un ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme en prison. Lamine Diack, patron de l’IAAF de 1999 à 2005, a été condamné mercredi à Paris à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis, pour son implication dans un réseau de corruption voué à cacher des cas de dopage en Russie. Le Sénégalais de 87 ans a été reconnu coupable de corruption active et passive et d’abus de confiance et a été condamné à une amende maximale de 500.000 euros. Lamine Diack a la possibilité de faire appel.

Pour punir une «infraction énorme à la probité qui a causé un préjudice mondial», et même s’il est «au soir de sa vie», les procureurs financiers avaient requis quatre ans de prison contre le Sénégalais de 87 ans, une figure du sport international. Diack et son fils de 55 ans, qui dirigeait le marketing à l’IAAF, étaient jugés pour avoir permis de retarder, à partir de fin 2011, des procédures disciplinaires à l’encontre d’athlètes russes soupçonnés de dopage sanguin, dont certains avaient été sacrés aux JO de Londres en 2012 (Kirdyapkin sur 50 km marche, Zaripova sur 3.000 m steeple) avant d’être déchus pour dopage.

Les Russes pas sortis d’affaire

Derrière cette indulgence, un deal rocambolesque, révélé par Lamine Diack lui-même durant l’enquête: le renouvellement de contrats de sponsoring et de diffusion de l’IAAF avec la banque d’Etat russe VTB et la télévision publique RTR, ainsi que des fonds pour financer l’opposition au sortant Abdoulaye Wade lors de la présidentielle de 2012 au Sénégal. L’affaire a généré le scandale du système de dopage institutionnel en Russie, qui pourrait coûter au pays de Vladimir Poutine sa place aux JO 2020 l’été prochain.

Lamine Diack était aussi poursuivi pour avoir aidé son fils à capter plusieurs millions d’euros dans les négociations avec des sponsors. Acteur clé, resté à Dakar et jugé en son absence, Papa Massata Diack est visé par les réquisitions les plus lourdes : cinq ans de prison et 500.000 euros d’amende.

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