Coronavirus : Un Festival de Cannes cet été ? « C’est tenable techniquement », répond David Lisnard

Le maire de Cannes David Lisnard, le 14 mars 2014 — Jean-Christophe Magnenet AFP

  • Pour le maire de Cannes David Lisnard, l’éventualité d’un report en juin ou en juillet du Festival de Cannes est compatible « en termes de disponibilité, de logistique, de montage ».
  • « Reste à connaître l’évolution de l’épidémie, quand elle pourra être jugulée et à quel moment on pourra revenir à une vie normale », dit l’élu.

Manifestations mondiales annulées à la pelle, Festival de Cannes au mieux reporté, du côté de la Croisette, l’impact de l’épidémie de coronavirus prend un écho international. En plus d’avoir à gérer ces changements de planning qui vont peser sur l’économie locale, la ville s’apprête, elle aussi, à faire face à un afflux de malades. Le Palais des festivals pourrait notamment servir d’hôpital de campagne en cas de besoin.

David Lisnard, le maire LR de la ville, a répondu aux questions de 20 Minutes depuis son bureau en mairie, où il continue à gérer la crise, tous azimuts.

Après avoir repoussé plusieurs fois l’échéance de cette annonce, le Festival de Cannes a finalement indiqué jeudi qu’il n’aurait pas lieu en mai. L’éventualité d’un report, en juin ou juillet comme évoqué, vous paraît-elle tenable ?

La préoccupation, aujourd’hui, c’est avant tout de sauver des vies. On a requalifié le programme du palais pour recaler un maximum de manifestations après la crise sanitaire et on a travaillé sur un planning qui est compatible en termes de disponibilité, de logistique, de montage. Les dates qui sont pressenties sont toutes tenables d’un point de vue technique. Reste à connaître l’évolution de l’épidémie, quand elle pourra être jugulée. Selon les modèles, on pourrait être en déclin après un pic atteint d’ici deux, trois semaines. Mais à quel moment on pourra revenir à une vie normale, la question est là.

Organiser une édition du Festival de Cannes en plein dans une période où la fréquentation touristique est, en temps normal, très forte ne serait-il pas compliqué vis-à-vis de l’offre hôtelière ?

Non, non. Je ne pense pas. Il faudrait que le tourisme ait de toute façon redémarré d’ici là. A vrai dire, je serai extrêmement heureux qu’on ait ce problème.

Vous êtes président conseil de surveillance du Centre hospitalier de Cannes. Quelle est la situation sur place ?

J’ai un rapport pluri-quotidien. Et, pour l’instant, l’hôpital fait face et anticipe la montée en charge. Certains services, qui ne relèvent pas du coronavirus, sont en situation d’être délocalisés vers des cliniques privées, dès lundi, si nécessaire. J’ai proposé également d’ouvrir le Palais des festivals pour y installer un hôpital de campagne si besoin et également des espaces au palais des victoires [où jouent les équipes de volley].

Le maire de Nice a pris un arrêté pour interdire la promenade des Anglais aux piétons et il souhaite également mettre en place un couvre-feu. De telles mesures sont-elles envisageables à Cannes ?

Il faut être pragmatique. Et il faut être intransigeant pour faire respecter les règles. Mais, autant les plages, c’était trop de surface à surveiller [le maire de Cannes a pris un arrêté pour les fermer avant une décision préfectorale imposant une interdiction d’accès à l’échelle départementale], autant nos promenades, pour l’instant, sont tenues. Il y avait beaucoup de monde au début du confinement et la police municipale a dressé 117 amendes jusqu’à aujourd’hui. Mais les choses se sont calmées depuis et je crois qu’il y a eu une prise de conscience. On adaptera le dispositif en cas de besoin. Et si l’Etat décide de la mise en place d’un couvre-feu, on l’appliquera.

Parallèlement à ces mesures, vous ouvrez un centre d’accueil pour les SDF à l’intérieur du palais des festivals…

Ils représentent encore les quelques rares regroupements que la police municipale a à gérer. Il fallait des endroits pour les protéger eux mais aussi, parce qu’ils peuvent être exposés et donc être un catalyseur de l’épidémie, pour protéger les autres. Nous avons donc réorganisé l’accueil existant de la rue Lycklama, en espaçant les lits, et nous allons ouvrir ce nouvel espace au palais également adapté aux mesures de confinement.

L’impact de cette crise sera important pour Cannes où le tourisme tient une place importante. Comment commencez-vous à gérer l’après ?

On est en contact permanent avec les professionnels pour tout ce qui est urgent. Ça sera dur pour tout le monde. Ce sera même très dur mais le rebond sera plus fort. Mais, de toute façon, pour l’instant, je le répète, l’important est avant tout de sauver des vies.

Cinéma

Le Festival de Cannes ne se tiendra pas du 12 au 23 mai, et pourrait être reporté

Santé

124 cas de plus en 24 heures, la région Paca s’organise face à une « éventuelle saturation »

132 partages