Coronavirus : Tests, masques en extérieur, activités sportives… Les annonces de Jean-Michel Blanquer sur le nouveau protocole à l’école

Les parents, professeurs et directeurs d’école vont pouvoir se préparer pourle nouveau protocole sanitaire dans les établissements scolaires. Critiqué pour ses annonces souvent tardives, Jean-Michel Blanquer a rectifié le tir en annonçant, ce vendredi, aux académies des écoles et des établissements scolaires, les nouvelles mesures pour lutter contre la pandémie de coronavirus en milieu scolaire, soit dix jours avant la première rentrée des vacances d’hiver (pour la zone B). Ces annonces font suite à une réunion tripartite avec le ministère de la Santé et les syndicats enseignants qui s’est tenue mardi dernier.

Alors que la situation épidémique s’améliore sur le territoire, comme dans les écoles, l’allègement de certaines restrictions était attendu. En effet, les fermetures de classes pour des cas de Covid-19 diminuent, avec seulement 0,05 % des écoles fermées, et 2 % des classes, selon les chiffres du ministère publiés vendredi. « Le plus dur est derrière nous », a déclaré ce vendredi le ministre de l’Education.

Le protocole sanitaire passe au niveau 2

Dans les tuyaux depuis le début de semaine, le passage du protocole sanitaire du niveau 3 au niveau 2 dans les écoles françaises est finalement acté. Ce dernier implique la levée du masque en extérieur, notamment dans les cours de récréation, pour les élèves et les encadrants, une limitation du brassage par niveau notamment pendant les temps de restauration et le retour du sport en intérieur avec le masque, « en respectant une distanciation : les sports de contact ne sont donc pas autorisés sans masque », rappelle le ministère dans un communiqué. Ces nouvelles mesures entreront en vigueur au retour des vacances d’hiver de chaque zone : 21 février pour la zone B, 28 février pour la zone 1 et le 7 mars pour la zone C.

Allègement des autotests

Pour toujours moins de classes et d’écoles fermées, le ministre de l’Education nationale a annoncé la suppression de deux des trois autotests obligatoires, si un cas positif au Covid-19 est détecté dans une classe, à partir du 28 février. Plus besoin désormais de faire tester son enfant à J0 et J + 4, seulement à J + 2. Les personnels de l’éducation sont également concernés par ce changement. Car, selon Jean-Michel Blanquer, c’est à J + 2 qu’il est le « plus efficace », a-t-il expliqué à la presse depuis la cour du ministère.

Par ailleurs, « la présentation d’une déclaration sur l’honneur des responsables légaux des élèves attestant de la réalisation des tests ne sera plus exigée pour que les élèves soient accueillis dans les établissements scolaires. Cette mesure de simplification s’appliquera dès la rentrée du 21 février », précise encore le ministère. « On sera dans un système de confiance », a commenté Jean-Michel Blanquer.

Cette disposition était, en effet, peu comprise par les enseignants et les parents, qui réclamaient un dispositif plus clair. « A quoi ça sert vraiment ? », s’interrogeait ainsi alors Sophie Venetitay, secrétaire adjointe de la SNES-FSU et professeure de SES au lycée, sur cette déclaration sur l’honneur, dont les résultats des tests étaient invérifiables.

Un protocole allégé trop tôt ?

Le risque, c’est de lever trop tôt certaines restrictions, notamment le masque en extérieur dans les écoles. Yves Buisson, épidémiologiste et président du groupe Covid-19 de l’Académie de médecine, n’est « pas sûr que le port du masque doit être levé à l’extérieur. Dans les cours de récré, on est plus dans le corps-à-corps que dans les salles de classe, même si c’est à l’extérieur. C’est la différence avec la vie du quotidien, dans la rue, on ne claque pas la bise à tout le monde, on garde naturellement nos distances. »

Même les syndicats préfèrent une stabilité dans les mesures, plutôt que faire un pas en avant et trois en arrière. Pour Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-UNSA, il faut éviter de « multiplier les ordres et des contre-ordres dans les semaines suivantes », comme ça avait été le cas entre octobre et novembre, où le port du masque avait été abandonné, avant d’être rétabli quelques semaines plus tard au vu de la situation épidémique du pays.