Coronavirus : Puis-je trouver un autre emploi en attendant la fin de mon chômage partiel ?

Le secteur agricole manque de bras en raison de la fermeture des frontières pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus. — Isa Harsin

Que ce soit par peur de perdre une partie de son salaire ou par crainte de se retrouver désœuvré, voire inutile, des lecteurs de 20 Minutes mis au chômage partiel en raison de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus se demandent s’ils peuvent trouver un emploi complémentaire :

« Je suis en CDI mis au chômage partiel à cause du Covid-19. Ai-je le droit de trouver un autre emploi le temps de ce chômage ? » Corentin

« J’ai entendu aux informations que beaucoup de postes de ramassage de fruits et légumes étaient à pourvoir. Je suis actuellement au chômage partiel, je voulais savoir s’il était possible de cumuler les indemnités du chômage partiel et en plus un travail de ramassage de fruits et légumes sans perdre les premières indemnités ? Si oui, dans quelles conditions faut-il le faire ? » Silvere

Voici les réponses que nous avons trouvées :

La loi autorise un salarié à cumuler plusieurs emplois, est-il indiqué, entre autres, sur le site de l’administration française, Service-public.fr. Il peut donc bénéficier de l’indemnité de l’activité partielle et de la rémunération liée à l’autre emploi. Mais ce, sous plusieurs conditions.

Tout d’abord, il doit respecter « l’obligation de loyauté », c’est-à-dire qu’il ne peut pas exercer une activité pouvant concurrencer celle de son employeur. Le cumul peut être interdit par des dispositions conventionnelles ou une clause du contrat de travail, comme celle d’exclusivité (laquelle s’applique même si l’activité ne concurrence pas celle de l’employeur). Veillez donc à bien vérifier votre contrat de travail, si vous souhaitez postuler à un autre emploi. Mais aussi à prévenir votre premier employeur, à lui préciser le nom de celui pour lequel vous allez travailler, ainsi que la durée de votre contrat.

Autre condition : quel que soit le nombre d’employeurs, ou la durée de chaque contrat, le salarié doit respecter la durée maximale légale du travail inscrite dans le Code du travail. En temps normal, cette dernière ne doit pas dépasser plus de dix heures par jour et quarante-huit heures par semaine. Mais, depuis l’ordonnance n° 2020-323 du 25 mars 2020, elle peut être portée jusqu’à douze heures par jour, et soixante heures par semaine. Uniquement « dans les secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation et à la continuité de la vie économique et sociale », et ce jusqu’au 31 décembre 2020. Les secteurs concernés par ces dérogations feront l’objet d’un décret, a précisé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, mardi 24 mars. On sait d’ores et déjà que la filière agricole et alimentaire en fait partie.

Pour « assurer à tous un accès sans rupture à une alimentation saine et de qualité », les agriculteurs ont effet besoin de main-d’œuvre, ont insisté Muriel Pénicaud et ses homologues au ministère de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume. Ce vivier est d’ordinaire constitué par les travailleurs saisonniers étrangers, qui ne peuvent plus circuler librement depuis la fermeture des frontières pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus.

Corentin et Silvere se laisseront-ils tenter ?

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Et n’oubliez pas de laisser votre e-mail. Merci par avance (et prenez soin de vous) !

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