Coronavirus : Où en est la vaccination des soignants au premier jour de son obligation ?

Le grand jour, tant décrié par certains, est arrivé. A compter de ce mercredi, les personnels soignants des hôpitaux, maisons de retraite, les soignants libéraux, aides à domicile, pompiers, ambulanciers  doivent avoir reçu au moins une dose de vaccin contre le coronavirus. 2,7 millions de professionnels sont concernés par cette mesure. Les réfractaires à la vaccination, s’exposent à des suspensions de postes sans rémunération, pouvant laisser craindre à un manque de personnel dans certains établissements ou régions. Après plusieurs manifestations et des témoignages de soignants réfractaires à cette obligation, qu’en est-il aujourd’hui de la couverture vaccinale de ces professionnels ?

A quelles obligations sont soumis les personnels soignants ?

Votée au Parlement le 25 juillet dernier et validée par le Conseil constitutionnel le 5 août, la loi indique que les professionnels de santé devront justifier d’au moins une dose de vaccin à compter de ce mercredi et auront ensuite jusqu’au 15 octobre pour obtenir un schéma complet de vaccination.

Le 1er septembre dernier, France Inter rapportait que le ministère de la Santé tablait à l’échelle nationale sur 90 % des personnels à l’hôpital et en Ehpad qui auront reçu au moins une première dose au 15 septembre.

Combien de soignants ne sont pas vaccinés à ce jour ?

Difficile d’avoir un chiffre identique, selon les sources. D’après le point hebdomadaire du 9 septembre de Santé publique France, qui se base sur des échantillons de l’Assurance maladie, 84,1 % des personnels soignants salariés en établissements de santé disposent d’une vaccination complète. Ce chiffre grimpe à 91,1 % chez les professionnels libéraux. Selon la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, interviewée lundi sur Sud Radio, « 95-96 % » des fonctionnaires agents publics des hôpitaux étaient vaccinés. Toujours selon elle, « 3-4 % restants » ont l’intention de se faire vacciner et « il reste peut-être 1 % d’agents dans les hôpitaux qui ne souhaitent pas se faire vacciner ». Martin Hirsch, directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), estime lui « entre 1 % et 2 % » les personnes « pas du tout vaccinées ».

Même pronostic pour Florence Arnaiz-Maumé, secrétaire générale du Synerpa, syndicat des établissements et résidences privés et services d’aide à domicile pour personnes âgées. Selon Santé publique France, 83,9 % des professionnels en Ehpad ou USLD disposaient d’une vaccination complète au 9 septembre et 89,3 % avaient reçu au moins une dose.

Selon les dernières estimations du ministère de l’intérieur vendredi, 85 % des pompiers répondaient à l’exigence de vaccination. Le ministère notait cependant des disparités nationales avec par exemple plus de 95 % des effectifs vaccinés à Paris et dans la petite couronne, contre 68 % dans le Nord, selon le SDIS 59.

Compte tenu de la large couverture vaccinale des personnels soignants, les suspensions des non vaccinés étaient-elles nécessaires ?

Pour l’épidémiologiste Fabienne El-Khoury, docteure en santé publique, chargée de recherche à l’ERES, le choix de ne pas prendre de risque avec les patients est justifiable. « Le problème avec le variant Delta est que l’immunité collective n’est pas assez efficace. Les personnes vaccinées peuvent transmettre le virus, même s’il y a moins de probabilités que lorsqu’elles ne sont pas vaccinées, explique l’experte. Les patients sont des personnes vulnérables par définition et les hôpitaux ne peuvent pas risquer des clusters de covid nosocomiales (c’est-à-dire des infections contractées au cours d’un séjour dans un établissement de santé) à cause de personnel non vacciné. »