Coronavirus : Minutes de silence, drapeaux en berne, sirènes… La Chine rend hommage à ses morts

Des habitants de Shanghai se recueillent dans le quartier du Bund le 4 avril 2020, lors de l’hommage national rendu aux victimes du coronavirus. — AP/SIPA

A Wuhan, d’où est partie la pandémie, les habitants sont restés figés dans les rues. Et partout ailleurs dans le pays, à 10h heure locale, les sirènes ont résonné pendant trois minutes, tandis que les voitures, les trains et les bateaux ont fait retentir leurs klaxons. La Chine observe ce samedi une journée de deuil national en hommage aux plus de 3.300 personnes qui sont mortes du coronavirus dans le pays.

Le dernier bilan, en Chine, est de 81.639 contaminations, dont 3.326 mortelles.

Silence sur Tiananmen

A l’hôpital Tongji de Wuhan, en première ligne contre le Covid-19, des membres du personnel soignant se sont tenus tête baissée face au bâtiment principal, certains portant des combinaisons de protection blanches. « Je ressens beaucoup de tristesse pour nos collègues et patients qui sont morts », a déclaré à l’AFP Madame Xu, une infirmière de l’établissement, en tentant de retenir ses larmes. « J’espère qu’ils reposent en paix là-haut. »

Dans la capitale Pékin, les automobilistes ont stoppé leurs véhicules pour klaxonner et les piétons sont restés immobiles sur le trottoir, certains avec leurs sacs de courses dans les mains. Sur la place Tiananmen, le drapeau national rouge aux cinq étoiles jaunes était en berne – comme dans tout le pays. Le président Xi Jinping s’est recueilli pour sa part avec les autres principaux dirigeants communistes dans le vaste complexe pékinois qui abrite le siège du pouvoir, selon des images de la télévision nationale CCTV. Par respect pour les défunts, la Chine a interdit ce samedi toutes les activités publiques de loisir pour ses 1,4 milliard d’habitants. Même certains jeux vidéo chinois en ligne ont été rendus inaccessibles.

Li Wenliang et les autres « martyrs »

Le recueillement se veut également à la mémoire des 14 personnes qualifiées jeudi par le gouvernement de « martyrs » de l’épidémie. Il s’agit principalement de membres du personnel soignant décédés. Parmi eux figure le docteur Li Wenliang, mort du Covid-19 à Wuhan. Cet ophtalmologue de 34 ans avait été réprimandé par la police pour avoir diffusé ce qu’elle présentait comme des « rumeurs ». Il avait en fait alerté des confrères sur la propagation d’un virus semblable au Sras.

Sa mort, début février, avait provoqué un tollé dans l’opinion et une fronde d’une rare ampleur contre le pouvoir. Le gouvernement a depuis rétabli l’honneur du médecin, dans l’espoir d’apaiser la colère populaire.

Cimetières en flux vidéo et bougies numériques

Cette journée de recueillement coïncide avec la fête de Qingming, la « Toussaint chinoise », où les gens vont généralement entretenir les tombes de leurs proches décédés. Mais les autorités, qui craignent une deuxième vague épidémique, veulent éviter les déplacements trop importants et ont encouragé la population à tenir des cérémonies de commémoration à domicile.

Des cimetières proposent ainsi aux familles d’honorer leurs ancêtres en regardant un flux vidéo en direct montrant du personnel s’occupant des tombes à leur place. Certains sites internet proposent même d’entretenir une tombe « virtuelle », où on peut allumer une bougie numérique.

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