Coronavirus : Malgré le déconfinement, les amateurs de vide-greniers doivent prendre leur mal en patience

Le début de l’été est souvent une période riche en vide-greniers et braderies. (Illustration) — WITT

  • Autorisés depuis le 2 juin, les vide-greniers, habituellement très nombreux, se comptent sur les doigts d’une main en ce début d’été.
  • Distanciation physique, masques pour les exposants, gestion des flux de visiteurs… Les contraintes imposées par les préfectures et les mairies sont nombreuses.
  • Face à ces mesures sanitaires, beaucoup d’associations organisatrices se découragent et préfèrent annuler ou repousser leur manifestation.

Un vieux modèle de console de jeux, un lustre à réparer, quelques DVD et des vêtements pour tous les goûts… Les vide-greniers attiraient les foules il y a encore quelques mois. Mais s’ils sont de nouveau autorisés depuis le début du mois de juin, une grande majorité est annulée pour le moment.

Des dispositifs sanitaires à mettre en place

« C’est impossible, il y a trop de contraintes… » L’explication est toujours la même : les recommandations sanitaires pour limiter les risques de propagation du Covid-19 sont trop lourdes à supporter pour les organisateurs. Selon le  ministère de la Santé, les vide-greniers tombent sous le régime des marchés. Or les associations qui les gèrent sont parfois très limitées en ressources humaines comme pécuniaires. Pourtant, les vide-greniers permettent de remplir la trésorerie à moindres frais, et ces rentrées financent ensuite les activités propres de ces associations. « Si c’est pour encaisser 500 euros, franchement, ça ne vaut pas le coup, on remet ça à plus tard », explique Gérôme sur un forum de brocanteurs.

Les principales mesures à mettre en place sont communes à toutes les manifestations : s’assurer de la distanciation physique d’un mètre entre les visiteurs et les exposants, afficher les règles de sécurité, instaurer un sens unique à la visite, inciter au paiement sans contact (quasi inexistant en vide-greniers), mettre du gel à disposition et demander aux visiteurs de ne pas toucher les objets à la vente, inciter au port du masque… Des contraintes amplifiées par beaucoup de municipalités, comme à Paris. La mairie y fournit un guide méthodologique aux organisateurs, qui préconise de positionner des personnels dédiés pour réguler la fréquentation, de matérialiser au sol des repères pour respecter les distances de sécurité, de respecter une distance de 2 mètres entre les stands et les immeubles environnants… Autant de mesures qui poussent de nombreux organisateurs à décaler leur manifestation.

Une reprise au compte-gouttes

Mais que les dénicheurs se rassurent, certains vide-greniers ont bien lieu, et cela devrait s’accentuer dans les semaines à venir. « D’abord, les mairies ne savaient pas comment gérer la situation, c’est pour ça qu’elles avaient du mal à donner les autorisations », explique une membre de l’association Fatou Kaba, qui a annulé son vide-greniers dans le 20e arrondissement de Paris. Mais toutes les parties concernées semblent trouver une voie, et il est possible de trouver des vide-greniers qui ont confirmé leur maintien. C’est le cas à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine), ce dimanche 5 juillet. L’organisatrice, Chloé Lamoureux, indique que la municipalité va aider à la bonne tenue des règles : « La police municipale va nous aider à accueillir les 200 exposants et les visiteurs. »

A Lanrodec (Côtes-d’Armor), le vide-greniers aura lui aussi bien lieu ce samedi. Mais Arnaud, membre de l’association d’histoire qui organise l’événement, met en garde tous les participants : « Nous avons tout mis en place : les recommandations, la distanciation, le parcours à sens unique. Mais on ne peut pas mettre un membre derrière chacun. Il faut que les gens se responsabilisent pour que tout se passe bien. »

Tout n’est pas perdu

Si les vide-greniers sont attendus avec autant de hâte, c’est aussi parce que les Français ont eu le temps de faire du tri pendant le confinement. Tous les trésors que cachaient les placards, les greniers et les caves n’ont pour autant pas été perdus. « Nous avons reçu un très gros volume de dons dès la sortie du confinement, raconte Valérie Fayard, directrice adjointe d’Emmaüs France, au point que nous ne savions plus où tout stocker. » Si l’association a dû faire un tri important, « certains nous ont confondus avec la déchetterie ».

De nombreuses ressourceries ont aussi reçu des stocks et ont pu, un tout petit peu, compenser leurs pertes dues au confinement. De ces dons, comme de l’engouement pour les vide-greniers, Valérie Fayard conclut : « Le point positif est que la seconde main a de beaux jours devant elle. »

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