Coronavirus : Les Maxi Entrepreneurs, des ados qui proposent de l’aide à leurs aînés pour faciliter le confinement

Avec Maxi Entrepreneurs, les ados développent leur confiance en eux — GettyImages

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années. Ni la fin du confinement. A Paris, l’association Maxi Entrepreneurs œuvre pour que les adolescents puissent donner de leur temps comme bénévoles, ce que la loi permet, mais que la majorité des parents et enfants ignorent, laissant un grand réservoir d’aide potentielle pour les associations inexploité. Potentiel plus intéressant encore en ces temps de crise.

Depuis sa création, il y a un an, Maxi Entrepreneurs a mobilisé de jeunes bénévoles de 13 à 17 ans sur plusieurs projets, notamment l’organisation du TEDx Kids, la première conférence créée et organisée par des ados pour des ados.

« Nous ne cherchons pas à faire de nos ados des jeunes entrepreneurs, mais bien des jeunes entreprenants, précise la fondatrice de l’association Cécile Flasaquier. Nous voulons qu’ils aient suffisamment confiance en eux pour devenir acteurs de leur propre futur ». Et de leur présent, celui du confinement, où le temps ne manque pas et les occasions de se mobiliser non plus.

Un anniversaire carré

Quand est venue l’heure de la quarantaine, Cécile Flasaquier a donc fait passer le message autour d’elles : « ses » jeunes étaient disposés à aider. Les premières demandes sont arrivées, modestes. Comme celle d’Ada Laferrère. « Je dois fêter mon anniversaire samedi (4 avril, pour ceux qui voudront lui souhaiter). Je me suis rendu compte que je serais seule, malade – j’ai attrapé le virus –, alors que je suis très famille. Une amie m’a dit que des petits jeunes pouvaient m’aider à organiser un anniversaire en visioconférence. »

Ce n’est pas tant la complexité de la tâche – Ada est directrice de la communication du Musée en herbe et on l’imagine plutôt à l’aise avec les outils numériques – qui l’a décidée à faire appel aux Maxi Entrepreneurs.

« Des jeunes de cet âge-là, qui se motivent et se lancent dans cette démarche, ça m’a beaucoup plu. Ils ont un âge où ils sont encore enfants, très attachants, et en même temps capables d’expliquer les choses de manière très carrée comme un adulte. Ils m’ont tout organisé avec un lien. Je n’ai qu’à envoyer ça à toute ma famille. Le 4 avril au déjeuner on sera tous là. »

Les ados, docteurs ès réseaux sociaux

De l’autre côté du fil WhatsApp, qui a servi aux explications, c’est Tristan, 13 ans qui a pris les choses en main. Le collégien menait là sa première opération avec les Maxi Entrepreneurs. Il s’est investi pleinement dans sa mission. « J’ai d’abord cherché le nombre maximum de personnes que chaque application permettait de connecter, retrace-t-il. Je pensais utiliser House Party mais c’est limité à 8 personnes. Je lui ai conseillé Zoom, au final, parce qu’on peut être 100 personnes en même temps mais je l’ai alertée sur les risques. C’est une appli qui a des failles », prévient l’ado, très sérieux, qui a déjà eu à deux reprises des cours virtuels sur Zoom depuis le début du confinement.

« Je suis prêt à aider d’autres personnes, c’est amusant, ajoute Tristan. La plupart du temps ce sont les adultes qui nous apprennent des choses. Là, ça prouve que même en étant plus petit, on peut apprendre des choses aux adultes. »

Julien, 15 ans, est du même avis. Le lycéen francilien a, lui, aidé une professeure de peinture à améliorer sa présence sur Instagram pendant le confinement. « Il fallait que sa page soit bien compréhensible, explique-t-il. Ça fait plaisir de se sentir utile, d’aider surtout qu’on n’a pas grand-chose à faire en ce moment. Moi, je passe pas mal de temps sur Instagram, donc c’est plus simple pour moi. »

« Qui mieux que les ados peuvent aider les autres à utiliser les réseaux sociaux ?, confirme Cécile Flasaquier. Une bonne dizaine d’entre eux s’est manifestée pour mener ce genre d’initiatives. Si d’autres personnes ont besoin d’être aidées, nous sommes là. » Et s’il reste de la place à l’anniversaire virtuel d’Ada, qu’elle sache que Tristan est disponible. « Je ne crois pas qu’elle m’ait invité, dit-il, surpris qu’on lui pose la question. Mais je suis disponible, oui ! » Les maxi-entrepreneurs ont encore de mini-créneaux de libre…

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