Coronavirus : Les Français continuent à aller au cinéma malgré l’épidémie

Juliette Binoche et Edouard Baer dans « La Bonne épouse » de Martin Provost — Memento Films

  • La fréquentation n’a pas baissé dans les salles françaises, malgré l’épidémie.
  • Les salles fermées rouvrent progressivement.
  • Un distributeur de films appelle à ne pas céder à la psychose.

Cinémas fermés, films déprogrammés… Que vont devenir les salles françaises dans le contexte de l’épidémie de Coronavirus ? Richard Patry, président de la Fédération Nationale des Cinémas Français balaye de nombreuses inquiétudes que peut générer cette question.

« Les Français continuent à avoir envie d’aller au cinéma, explique-t-il. Il n’y a pas pour l’instant de baisse de la fréquentation avec quatre millions de spectateurs en salle la semaine passée, ce qui est dans la moyenne habituelle. » Et de nous préciser que les spectateurs continuent à fréquenter les salles obscures de façon régulière ces derniers jours.

Des précautions indispensables

Les exploitants mettent un point d’honneur à assurer la sécurité de toutes celles et ceux qui entrent dans leurs salles. « Nous sommes légalistes et suivons à la lettre les instructions du gouvernement, martèle Richard Patry. Notons tout de même qu’il n’est pas plus dangereux de voir un film où tout le monde regarde l’écran que de se trouver les uns sur les autres dans les transports en commun. » Le public semble d’accord avec lui.

Les salles rouvrent

La Fédération voit les choses évoluer pour le mieux avec la réouverture de plusieurs salles dans la Morbihan et celles, probables mais encore en négociation, des cinémas de l’Oise. « Dans le Morbihan, seuls trois cinémas qui se trouvent dans le cluster restent fermés, insiste Richard Patry. Pour ceux qui en sont proches, nous avons pris des précautions. » Comme celle de s’engager à ne remplir les salles qu’à moitié afin que les spectateurs puissent avoir un siège libre de chaque côté du leur s’ils le désirent.

Des déprogrammations préoccupantes

Certains producteurs et distributeurs ont fait le choix de retarder la sortie de leurs films. C’est notamment le cas pour Miss de Ruben Alves et Rocks de Sara Gavron ou, annoncés aujourd’hui, Pinocchio de Matteo Garrone et La Daronne de Jean-Paul Salomé. Il ne faudrait pas que ces reports se multiplient, déclare Richard Patry, « car nous ne pourrons jamais résorber tous les films prévus s’ils doivent sortir à l’automne. » L’embouteillage pourrait être préjudiciable à de nombreux long-métrage.

« Le cas du James Bond, Mourir peut attendre, est différent car il s’agit d’une stratégie internationale dans laquelle la France n’entre pas vraiment en ligne de compte. »

Un message rassurant

Heureusement, d’autres tels Alexandre Mallet-Guy, directeur de la société Memento qui distribue La Bonne épouse de Martin Provost le 11 mars, ont choisi de sortir leurs films envers et contre tout.

Il appelle les professionnels du cinéma à ne pas céder à la psychose dans un communiqué. « Je suis d’accord avec lui à 250 %, martèle Richard Patry. Beaucoup de nos concitoyens veulent continuer à vivre normalement, ce qui veut dire qu’ils souhaitent continuer à aller au cinéma. »

Et les plates-formes dans tout ça ?

Bien évidemment, les plates-formes de téléchargement légal peuvent tirer parti de cette tendance à rester chez soi. « Il est possible que les loisirs à domicile connaissent une certaine flambée, admet Richard Patry. Mais les Français ont besoin de s’évader et de sortir, ce que nous leur proposons en toute sécurité dans les salles de cinéma. » Un message optimiste qui devrait être entendu par le public, à quelques semaines du Printemps du cinéma.

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