Coronavirus : Les banques assurent-elles leur service pendant le confinement ?

Les banques assurent qu’il n’y aura pas de pénurie de billets au distributeur — P.Magnien

  • Les banques, qui font partie des commerces essentiels, restent ouvertes pendant le confinement.
  • Tous les services et opérations habituels sont accessibles, mais les acteurs du secteur bancaire appellent à privilégier les solutions à distance.
  • Si les agences sont ouvertes, certaines pourraient fermer leurs portes pour n’autoriser l’entrée qu’aux personnes ayant pris un rendez-vous ou ayant une raison justifiée de se déplacer.

Edouard Philippe l’avait souligné lors de son allocution du 14 mars, les banques présentent « un caractère indispensable à la Nation ». Au même titre que les magasins alimentaires ou les pharmacies, elles sont classées parmi les Opérateurs d’importance vitale (OIV).

Toutefois, entre télétravail, rendez-vous obligatoires et opérations à reporter, les banques, comme tous, doivent s’adapter.

Les banques s’adaptent

« L’essentiel des guichets aujourd’hui reste ouvert, il y a très peu agences fermées, nous adoptons des fonctionnements aux besoins, aux clients. » Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française (FBF) et directeur de la Société générale, se voulait rassurant jeudi sur BFM Business. Même son de cloche du côté du Crédit Agricole : « La très grande majorité des agences sont ouvertes. Nous faisons tout ce qui est possible pour assurer la continuité de service. »

Alors que certaines agences ont été contraintes de fermer devant l’afflux de clients venus retirer leur argent, le gouvernement leur a demandé de rouvrir. « Il y a du chahut dans certaines agences, des clients qui ont eu peur de ne pouvoir retirer ou d’un effondrement du système », confirme Frédéric Guyonnet, président du Syndicat national de la banque et du crédit/CFE-CGC. Malgré les difficultés, les banques déploient les moyens pour assurer la pérennité de leurs services « Beaucoup de réseaux étaient en expérimentation de télétravail et pas prêts à fournir de gros volumes, reprend Frédéric Guyonnet. A la Banque populaire, lundi, nous ne pouvions avoir plus de 1.000 collaborateurs en ligne. Ce vendredi, il y a 25.000 personnes. Les techniciens ont bossé jour et nuit. »

Appel à privilégier les solutions à distance

Malgré ce déploiement, tous les acteurs appellent les clients à être responsables. La Fédération bancaire française s’est fendue de plusieurs communiqués, notamment pour rappeler aux Français « d’utiliser au maximum les dispositifs à distance, le téléphone, les mails, les applications, avec lesquelles on peut faire plein de choses ». La FBF tient à rappeler qu’un contact en agence met tous ses agents face à un risque de contamination. Frédéric Guyonnet raconte alors comment certains ont résolu le problème : « Certaines agences sont ouvertes, mais grilles fermées. Pour entrer, il faut soit avoir pris un rendez-vous, soit justifier sa venue à l’interphone. Si l’entrée est nécessaire, elle est accordée. » Le syndicaliste rappelle que les agents ne disposent pas de protections particulières face à l’épidémie : « Les masques ont été réquisitionnés et on trouve du gel hydroalcoolique au compte-gouttes. »

La CFDT Banques et Assurances s’est d’ailleurs insurgée contre l’ouverture de toutes les agences dans le contexte actuel, et demande que le travail s’effectue « exclusivement sur rendez-vous, par téléphone ou autre moyens numériques ». Elle demande que soient mis « à disposition des salariés les moyens adéquats et la mise à distance des salariés les uns des autres ». La porte-parole d’un groupe bancaire français résume en quelques mots la situation : « Ce n’est pas le moment de venir au guichet demander un virement sur un livret A ou les derniers taux de crédit immobilier. »

Les services perdurent

La situation est donc difficile, mais tous les services et opérations habituels restent accessibles. La porte-parole du Crédit agricole le confirme : « Tous les accords seront honorés, les demandes en cours seront traitées et nous ferons en sorte que les délais soient respectés. » Frédéric Guyonnet peut en attester : « Jusqu’ici, tout se poursuit ». Il concède toutefois quelques ralentissements : « Il peut y avoir quelques lenteurs. Il faut un temps d’adaptation pour les salariés, et puis certains projets sont en suspens. »

Pour ce qui est des difficultés financières que le confinement peut entraîner, si les entreprises ont été rassurées, pour les particuliers, c’est encore le flou. Si la plupart des contrats de crédits permettent des reports de paiement jusqu’à trois mois, « la gestion se fait au cas par cas », explique la FBF.

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