Coronavirus: Le WWF alerte sur les conséquences d’une reprise économique qui pourrait aggraver la crise climatique

Une vue aérienne de la ville de Santiago pendant le confinement et sans le nuage de pollution habituel. — AFP

Préparer la reprise économique sans faire exploser les émissions carbones. C’est ce que réclame l’ONG WWF alors que la France et l’Union européenne (UE) réfléchissent à des propositions économiques face à l’épidémie de coronavirus. L’association appelle ce lundi à prendre des mesures pour « une relance (…) tournée vers la transition écologique », qui n’aggrave pas la crise climatique.

« Les premiers impacts de cette crise historique commencent déjà à être mesurés sur l’économie, l’emploi et la société nous imposent de réfléchir sans attendre à la sortie de crise », relève l’ONG dans un communiqué.

Une sortie de crise résiliente

La France a pris des mesures pour amortir le choc de la crise et un plan de relance est attendu au sein de l’UE. Les ministres des Finances se retrouveront mardi pour tenter de mettre au point des propositions économiques communes.

Pour WWF, il faut parvenir à « une sortie de crise durable, résiliente aux risques climatiques et écologiques, et qui protège les citoyens des effets de la triple crise sanitaire-écologique-socioéconomique ». La crise sanitaire actuelle est liée en partie aux « pressions que nous exerçons sur la nature à travers nos modes de consommation et de production non soutenables », rappelle l’ONG.

Des aides conditionnées

Elle propose de conditionner les aides publiques aux grandes entreprises et aux banques à leur contribution « à la transition écologique », de transformer le secteur agricole, les transports et l’énergie, de permettre aux territoires d’investir pour la relocalisation et l’adaptation au changement climatique.

Concrètement, WWF propose de renforcer l’autonomie en protéines de la France pour les animaux d’élevage, de réorienter la production automobile vers l’électrique, d’interdire aux compagnies aériennes qui vont bénéficier d’un plan de sauvetage de s’endetter pour augmenter leurs flottes ou de casser les prix pour relancer le trafic aérien ou encore d’accélérer la rénovation des bâtiments, pourvoyeuse d’emplois.

« La question qu’il faut se poser aujourd’hui est bien celle de notre rapport à la nature. Parce qu’il n’y a pas d’homme en bonne santé sur une planète malade », relève Isabelle Autissier, présidente du WWF France.

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