Coronavirus : Le pic épidémique « devrait culminer mi-janvier », selon l’épidémiologiste Arnaud Fontanet

Pour Arnaud Fontanet le plus dur de la crise sanitaire n’est pas encore passé, mais c’est pour bientôt. Le pic du nombre de cas de Covid-19 « devrait culminer mi-janvier », indique au Journal du Dimanche l’épidémiologiste, qui se dit surtout confiant qu’« à terme », ce virus « rejoindra les autres coronavirus saisonniers ». Le pic aura en outre « une durée limitée » car les patients atteints du variant Omicron ont un besoin moindre de ventilation mécanique et séjournent moins longtemps à l’hôpital.

« Le pic hospitalier pourrait avoir lieu une semaine plus tard (…) l’Ile-de-France sera la première touchée », précise ce membre du Conseil scientifique. Dans « un hôpital déjà très éprouvé par 22 mois de crise sanitaire », il dit s’attendre « à un immense défi logistique et organisationnel ».

Le « rôle important » du télétravail

Arnaud Fontanet indique toutefois que « le recours accru au télétravail va jouer un rôle important » pour réduire le niveau de ce pic, de même que « les efforts d’aération ou de ventilation » des classes et des cantines. Il préconise en outre de cesser pour l’heure les cours de gym et les chorales en intérieur.

Dans un entretien également avec le JDD, le ministre de la Santé Olivier Véran précise que selon les données britanniques, « il y a trois fois moins de formes graves de la maladie avec Omicron qu’avec Delta ». Arnaud Fontanet rappelle d’ailleurs que la protection contre les formes sévères est très bien conservée avec le vaccin, « de l’ordre de 80-90 % après une dose de rappel ».

La dernière vague ?

« A terme, il y a de l’espoir » et « le Sars-CoV-2 rejoindra les autres coronavirus saisonniers humains qui nous donnent des rhumes et des angines chaque hiver », avance l’épidémiologiste. « Nous n’y sommes pas encore. On peut s’attendre à ce que de nouveaux variants émergent mais, notre immunité se renforçant avec le temps, soit par infection naturelle, soit avec des doses de rappel du vaccin, leur capacité à donner des formes sévères va diminuer ».

Le scientifique assure également que 2022 allait apporter de nouveaux outils de lutte, comme les vaccins qui seront administrés par voie intranasale et l’arrivée prochaine de l’antiviral Paxlovid qui permettra le traitement des personnes à risque de formes graves. Ainsi, « plus le temps passe, moins les vagues seront douloureuses ». Même ton optimiste, mais prudent, d’Olivier Véran : « cette cinquième vague sera peut-être la dernière ». Selon le ministre, Omicron est tellement contagieux qu’il « va entraîner une immunité renforcée » dans le monde. Un mal pour un bien donc.