Coronavirus : Le gouvernement prépare les esprits à un durcissement des règles sanitaires

Le Premier conseil des ministres du gouvernement Castex, à l’Elysée le 7 juillet 2020. — HAMILTON-POOL/SIPA

Face au rebond de l’épidémie de coronavirus, le gouvernement prépare les esprits à un durcissement des contraintes sanitaires dans plusieurs territoires, comme c’est déjà le cas à Lille, Marseille et Bordeaux. Jeudi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, doit tenir un point presse à 17 heures, qui va redevenir hebdomadaire, pour défendre et détailler la politique pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. 

Il fera « une présentation claire pédagogique de la stratégie » du gouvernement « pour vivre avec le virus », a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue d’un Conseil des ministres de nouveau dominé par la gestion de la pandémie.

Les Français doivent « s’accrocher » avant « des jours meilleurs »

« Toute la transparence » sera donnée « sur les chiffres » des contaminations, « département par département », a assuré Emmanuel Macron, qui a de nouveau prévenu que le virus allait continuer à sévir « pendant des mois » en France. « Il tourne de plus en plus vite dans certains départements, ce qui conduit le gouvernement à durcir un peu les règles », a-t-il ajouté, encourageant les Français à « s’accrocher » avant « des jours meilleurs », après avoir assisté, masqué, à la 17e étape du Tour de France, à Méribel (Savoie).

Parmi les métropoles où des contraintes pourraient être annoncées figure Lyon, le département du Rhône présentant un taux d’incidence de 168 cas pour 100.000, le deuxième plus important de la métropole après les Bouches-du-Rhône. A Toulouse, première ville à imposer le port du masque, le maire LR Jean-Luc Moudenc juge inéluctable un renforcement des mesures sanitaires. « On voit les indices se dégrader, donc, on ne peut pas rester les bras croisés, on a le devoir d’aller plus loin, on y travaille. On doit se prononcer sur la prolongation (du port du masque) et des compléments de mesures », a-t-il dit mercredi lors d’une conférence de presse.

Des tests « antigéniques » pour accélérer la détection des cas

Globalement, la France voit se multiplier le nombre de cas et d’hospitalisations. Près de 8.000 nouveaux cas ont encore été enregistrés lundi. Et sur les sept derniers jours, 2.713 malades ont été hospitalisés et 479 admis en réanimation. Le gouvernement doit répondre non seulement à ce rebond mais aussi surmonter la méfiance croissante de la population. Près d’un Français sur deux trouve que l’exécutif ne prend « pas assez de précautions » et 62 % ne lui font « pas confiance » pour lutter contre l’épidémie, 6 points de plus que fin août, révèle un sondage Elabe pour BFMTV. Parmi les points critiqués figure l’application Stopcovid qui, a reconnu Gabriel Attal, n’a « pas trouvé son public », avec moins de 3 millions de téléchargements.

La priorité aux tests pour ceux qui ont l’application, évoquée dans la presse, n’est « pas à l’ordre du jour », a-t-il par ailleurs ajouté. Pour accélérer la détection des cas, le gouvernement vient d’autoriser les tests rapides « antigéniques ». La rentrée scolaire et universitaire reste à hauts risques. 81 établissements scolaires et un peu plus de 2.100 classes ont été fermés depuis début septembre. Mais cela ne représente que « 0,13 % » des quelque « 60.000 établissements scolaires du pays », a souligné le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, qui relève environ « 1.200 nouveaux cas d’élèves par rapport à la semaine précédente ».

Des mesures restrictives déjà mises en place dans certains départements

En application de la nouvelle stratégie « territorialisée », toute mesure anti-Covid nouvelle sera annoncée sur place par le préfet, après concertation avec les élus locaux, afin d’éviter les accusations de décisions verticales prises depuis Paris. L’Etat gardera ses pouvoirs exceptionnels de restriction des rassemblements et des déplacements, le Conseil des ministres ayant adopté mercredi un projet de loi qui prolonge ces autorisations de six mois, jusqu’en avril 2021.

« Compte tenu de la situation sanitaire, il est nécessaire d’anticiper et de nous donner tous les outils pour continuer à combattre l’épidémie », a expliqué Gabriel Attal. C’est ce dispositif qui a permis d’annoncer lundi des mesures plus contraignantes dans les Bouches-du-Rhône, le Nord et la Gironde, qui portent sur l’interdiction des soirées dansantes dans les bars ou des fêtes étudiantes, de la suspension des sorties scolaires ou de la limitation des rassemblements dans les parcs et les plages.

Bordeaux

Coronavirus à Bordeaux : Après l’annulation des fêtes foraines, la profession menace de manifester

Société

Maine-et-Loire : Le préfet interdit soirées étudiantes et fête des voisins

533 partages