Coronavirus : La vaccination obligatoire pour tous, prochaine étape pour lutter contre le virus ?

Vers le vaccin obligatoire pour tous ? Jean Castex a de nouveau défendu la vaccination afin de lutter contre le coronavirus lors d’un déplacement à Agen, jeudi. Il en a profité pour tacler au passage les antivax, à la veille de nouvelles manifestations contre le pass sanitaire. « Pasteur est déjà bien agacé sans doute par ceux qui considèrent que la vaccination est un danger, il doit se retourner dans sa tombe », a lancé le Premier ministre en référence au père de la vaccination.

Jusqu’ici, le gouvernement a préféré miser sur « l’incitation » pour le grand public, en privilégiant l’extension du pass sanitaire. Mais la piste d’une vaccination obligatoire pour tous les Français est défendue par certains élus de la majorité.

« Si la pédagogie ne l’emporte pas, on devra envisager l’obligation vaccinale »

En fin d’année dernière, Emmanuel Macron avait pourtant balayé l’idée. Mais lors de son allocution du 12 juillet dernier, le chef de l’Etat a indiqué qu’elle n’était plus totalement écartée. « En fonction de l’évolution de la situation, nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français », indiquait le président de la République. Face à la propagation du variant Delta sur le territoire et la menace d’une nouvelle vague dans les hôpitaux, certains macronistes pensent qu’il est temps de l’envisager. A l’image de François Jolivet.

« Le pass sanitaire était sans doute une étape nécessaire de pédagogie. Mais ceux qui meurent du variant Delta ne sont pas vaccinés, dans toutes les classes d’âge. Si demain, on doit reconfiner ou déprogrammer des opérations à l’hôpital à cause des non vaccinés, ce sera un échec. Si la pédagogie ne l’emporte pas, l’intérêt collectif doit prévaloir et on devra envisager l’obligation vaccinale », défend ainsi le député La République en marche de l’Indre. « On a déjà 11 vaccins obligatoires en France, cela me paraît plus simple que de faire appliquer un texte compliqué, abonde Bruno Bonnel, député LREM du Rhône. Ça permettrait aussi de casser cette fracture sanitaire qu’on sent monter dans le pays, et la suspicion généralisée liée au contrôle du pass sanitaire ».

Une obligation vaccinale plébiscitée par une majorité de Français

Cette hypothèse, défendue par François Bayrou, le président du MoDem, n’échapperait pourtant pas non plus aux difficultés d’application et de contrôle. « La vaccination obligatoire n’est pas synonyme de « tout le monde se vaccine ». Cela ne répond pas à la crise actuelle, ne résout pas la question des opposants… Avant une couverture vaccinale satisfaisante, il faut bien trouver des solutions pour continuer à vivre, d’où le pass sanitaire, même si je ne l’ai pas voté de gaieté de cœur », confie le député Modem du Finistère, Erwan Balanant. De son côté, Bruno Bonnell envisage des pistes pour répondre à ces défis. « On voit que des grandes entreprises américaines comme Google ou Facebook obligent leurs salariés de bureau à se faire vacciner. Je pense que ça va rentrer dans les mœurs aussi en France. Pourquoi ne pas imaginer un droit de contrôle au sein des entreprises ? », interroge l’ancien entrepreneur. Le débat sur la vaccination obligatoire agite ces derniers jours la classe politique américaine, alors que le président Joe Biden mène la vie dure aux fonctionnaires du gouvernement fédéral non vaccinés.

En France, l’obligation vaccinale est réclamée depuis plusieurs semaines par les parlementaires socialistes et reçoit le soutien de quelques élus de droite. Envisagée par la Haute Autorité de santé, elle est également plaidée par 58 % des Français, selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Franceinfo et Le Figaro publié le 1er juillet. Le débat pourrait bientôt agiter de nouveau le Parlement en cas de persistance du Covid-19, reconnaît Erwan Balanant : « Le mieux serait d’emporter l’adhésion des Français. Mais si la situation venait à durer, et sachant qu’on dispose d’un outil efficace contre le virus, la question sera alors posée ».