Coronavirus : La pandémie rebat les cartes de l’immobilier de luxe

Zurich est perçue comme une destination très attractive pour les plus fortunés. — Ennio Leanza/AP/SIPA

L’épidémie de coronavirus a parfois des conséquences insoupçonnées. Pour les plus fortunés, elle s’est traduite par un changement radical dans les préférences de lieu de résidence à travers le monde. C’est ce que montre l’étude* annuelle de Barnes, acteur mondial de l’immobilier de luxe, parue ce jeudi.

A partir de plusieurs indicateurs** comme « la richesse culturelle », « la sécurité personnelle » ou encore la fiscalité, elle propose un classement des villes les plus demandées par les « HNWI » (high-net worth individuals), c’est-à-dire les personnes possédant un patrimoine minimum de plus de 820.000 euros, et pouvant s’élever à plusieurs milliards.

Zurich en pôle

« La crise a touché de plein fouet les grandes villes internationales, avec pour certaines d’entre elles une décote soudaine et brutale, explique dans le rapport Thibault de Saint Vincent, président de Barnes. Depuis des décennies, New York, Londres, Hong Kong, Los Angeles et Paris se disputaient les premières marches du podium ».

Or, « pour la première fois, aucune de ces villes ne figure en tête du Barnes City Index ». A la place, on retrouve Zurich (Suisse), qui gagne 29 places par rapport à l’année dernière, Copenhague (Danemark, + 33 places) et Tokyo (Japon) « Des villes reconnues pour leur qualité de vie ou règnent une grande sécurité et même souvent une certaine sérénité ». Miami (Etats-Unis, + 23 places) et Stockholm (Suède, +17 places) complètent ce top 5 inédit.

Top 3 villes immobilier de luxe par 20 Minutes

En plus de cet appétit pour de nouvelles agglomérations, les patrimoines aisés sont attentifs au développement économique du pays dans lequel ils investissent et cherchent, comme aux Etats-Unis, à  changer d’air avec la pandémie. « Les gens (et les entreprises) se sont déplacés vers des lieux différents, des villes denses vers les banlieues, d’un appartement vers une maison et, pour certains, via un « retour à la maison » pour vivre en sécurité avec des membres de leur famille » note l’étude. 

Ce fort intérêt des plus aisés pour ces villes se retrouve évidemment dans les prix de l’immobilier « haut de gamme ». Selon Barnes, le prix au mètre carré est ainsi en hausse de 5 % à 8 % à Zurich par rapport à fin 2019. Dans le quartier Enge, le « moins » cher, il s’élève à 16.500 francs suisses (15.300 euros). A l’inverse, certaines villes du top 5 apparaissent plus « abordables » (à condition d’avoir un large compte en banque).

Prix mètre carré luxe par 20 Minutes

Au-delà de l’attrait pour de nouvelles métropoles, les confinements liés à la pandémie de coronavirus a poussé les plus riches, comme les autres d’ailleurs, vers leurs résidences secondaires. Sauf que dans leur cas, on ne parle pas d’une petite maison à la campagne. Les plus aisés ont « confirmé leur souhait d’investir autant dans des propriétés de famille situées en bord de mer, à la campagne ou à la montagne que dans des (…) hôtels, des chasses, des haras et des vignobles », explique l’étude de Barnes. Dans ces « propriétés passions », la France tire son épingle du jeu.

Copie de Top 3 villes immobilier de luxe par 20 Minutes

Monde

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Économie

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* Barnes Global Property Handbook, tendances et perspectives 2021.

**Trois catégories d’indicateurs sont utilisées pour classer les villes : « aspects émotionnels » (richesse culturelle, boutiques et restaurants de luxe), « aspects pratiques » (sécurité, accès aux meilleures universités, accessibilité, engagement environnemental), « aspects financiers » (rapport qualité/prix des biens, fiscalité, investissements peu risqués).

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