Coronavirus : La dette de la Sécurité sociale dépassera 50 milliards d’euros début mai

Une Caisse d’allocations familiales, organe de la Sécurité sociale (image d’illustration). — ALLILI MOURAD/SIPA

Entre les reports de cotisations et la chute d’activité due à l’épidémie de coronavirus et au confinement prolongé, l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) a indiqué ce mercredi que son endettement dépasserait 50 milliards d’euros début mai.

« Aujourd’hui on est à 45 milliards, mais ça va se creuser à 52-53 milliards après le paiement des pensions de retraite », a déclaré Yann-Gaël Amghar, directeur de l’Acoss, lors d’une audition par la commission des affaires sociales du Sénat. Le prochain versement des retraites de base de la Sécurité sociale est prévu le 7 mai, selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse.

22 milliards d’euros de recettes en moins

Il n’y a toutefois à ce stade « pas de risque de dépassement du plafond d’endettement » de l’Acoss, relevé par le gouvernement fin mars de 39 à 70 milliards d’euros, a ajouté Yann-Gaël Amghar. L’agence, qui assure la trésorerie de la Sécu via des emprunts d’une durée maximale d’un an, voit cependant sa situation se dégrader à mesure que le chômage partiel explose (11,3 millions de salariés à ce jour), ce qui devrait la priver d’au moins 22 milliards d’euros de recettes en 2020, selon les dernières prévisions.

En outre, les entreprises et travailleurs indépendants ont bénéficié de reports de cotisations pour un montant de 13 milliards d’euros depuis mi-mars, qui devrait encore augmenter à l’occasion de la prochaine échéance du 5 mai. Une partie de cette somme pourrait être annulée, comme l’a évoqué le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, lors d’une précédente audition la semaine dernière.

Soucieux d’un éventuel manque de « liquidités » sur les marchés financiers, Yann-Gaël Amghar a estimé qu’« on ne couperait pas à une reprise » des créances de l’Acoss par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), chargée de rembourser à plus long terme le « trou de la Sécu ».

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