Coronavirus : La CFDT demande au gouvernement de renoncer aux nouvelles règles de l’assurance chômage

Image d’illustation d’un Pôle emploi. — PASCAL GUYOT / AFP

La CFDT a demandé ce mardi au gouvernement de renoncer au nouveau mode de calcul de l’allocation-chômage, qui doit entrer en vigueur à compter du 1er avril. Le premier syndicat français invoque la crise liée au coronavirus, assurant que les emplois précaires seront « la première variable d’ajustement ».

À partir du 1er avril 2020, la deuxième vague de modification des règles de calcul de l’allocation-chômage dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage aura « de terribles conséquences pour des centaines de milliers personnes qui travaillent en cumulant des contrats de courte durée », écrit la CFDT. « Des mesures sont annoncées pour soutenir les entreprises et les secteurs en difficulté » à cause du coronavirus, « qu’en est-il des demandeurs d’emploi et des travailleurs précaires ? », interroge le premier syndicat français.

Un impact « redoutable » sur les précaires

« Les emplois précaires (CDD de courte durée, intérimaires…) sont la première variable d’ajustement », ajoute le syndicat, qui estime que « c’est bien en période de crise que le rôle d’amortisseur social de l’assurance chômage doit être réaffirmé ».

« Or, la réforme de l’assurance chômage décidée par le gouvernement en 2019 aura des impacts redoutables. Ce sont malheureusement déjà des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi qui subissent le durcissement des règles depuis le 1er novembre dernier et qui ont vu leur vie bouleversée », regrette la CFDT. « Le chômage n’est pas un choix ».

De nouvelles mesures en vigueur depuis le 1er novembre

Les nouvelles mesures « de baisse des droits auront plus pour effet d’accentuer la précarité des demandeurs d’emploi que de les inciter à un retour plus rapide à l’emploi durable », ajoute le premier syndicat français. Il demande donc « que le gouvernement renonce à la mise en œuvre au 1er avril 2020 de cette modification des règles de calcul de l’allocation ». La réforme vise à mettre fin à une situation actuellement plus favorable, pour la même quantité de travail, aux personnes alternant contrats courts et inactivité qu’à celles travaillant en continu.

Les autres mesures d’indemnisation sont entrées en vigueur le 1er novembre. Désormais, pour ouvrir des droits à indemnisation, il faut avoir travaillé au moins six mois sur les 24 derniers mois, contre quatre auparavant sur les 28 derniers. Le seuil permettant un rechargement des droits a aussi été fortement durci, de même que les conditions pour les salariés au revenu supérieur à 4.500 euros brut par mois.

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