Coronavirus : La Bourse de Paris s’écroule de 7,20 % à l’ouverture

Illustration de la Bourse à New York le 10 octobre 2018. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Alors que les marchés financiers s’inquiètent du décrochage des cours du pétrole et des effets économiques de l’épidémie de coronavirus, la Bourse de Paris s’est écroulée, ce lundi matin (-7,20 %), après une première plongée vendredi (4,14 %).

A 10h02, l’indice CAC 40 chutait de 369 points à 4.769,31 points. « Les marchés actions démarrent la semaine sur un mouvement colossal de ventes », a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

Le refus de la Russie en cause

«La Russie a donné un coup de poing au visage des investisseurs en refusant de suivre l’Opep pour réduire la production afin de répondre à l’effondrement de la demande pétrolière causée par le coronavirus au sommet de Vienne la semaine dernière », explique-t-il. Les discussions entre l’Opep et ses alliés, principalement la Russie, ont échoué vendredi. La décision de l’Arabie Saoudite d’entrer dans une guerre des prix avec la Russie, après son refus de participer à une nouvelle baisse des quotas de production lors de la réunion la semaine dernière, conduit les cours du pétrole à dévisser de plus de 30 %, soit une chute observée en 1991 au moment de la guerre du Golfe.

« La chute du pétrole menace les finances des pays producteurs », écrit Tangi le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC, alors que « l’économie se fait progressivement asphyxier avec des centaines de milliers d’emplois (touchés) dans le transport aérien, le tourisme, l’hôtellerie-restauration, l’événementiel, parmi de nombreuses autres activités », en raison de l’épidémie de coronavirus. Le bilan sanitaire a continué de s’alourdir au cours du week-end, alors que la maladie recule depuis plusieurs semaines en Chine, où le coronavirus est apparu en décembre.

Des mesures économiques prises dans plusieurs pays

Plusieurs pays ont mis en place des mesures de quarantaine depuis l’apparition du nouveau coronavirus. L’Italie a pris des mesures drastiques dimanche avec la mise en quarantaine d’un quart du territoire, dont son poumon économique, qui va de Milan à Venise. « Les investisseurs craignent toujours par ailleurs que la propagation du coronavirus soit sous-estimée par les économistes et les entreprises », indique John Plassard, spécialiste de l’investissement chez Mirabaud. Le gouvernement allemand a annoncé ce lundi matin un paquet de mesures visant à soutenir son économie face à l’incidence du coronavirus, qui fait craindre une récession dans la première puissance européenne.

Ces mesures comprennent le recours facilité pour les entreprises en difficulté au chômage partiel de leurs salariés, l’octroi de prêts en cas de difficultés de trésorerie et le blocage d’une enveloppe supplémentaire de 12,8 milliards d’euros sur quatre ans pour des investissements d’infrastructure. En France, environ 900 entreprises impactées par la propagation du nouveau coronavirus ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 15.000 salariés, a indiqué dimanche la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Les matières premières frappées de plein fouet

L’épidémie continue de se propager aux Etats-Unis, où le président américain Donald Trump a défendu dimanche l’action de son gouvernement après des critiques sur la lenteur et les ratés de la lutte contre le coronavirus. « Aux Etats-Unis, qui tire environ 70 % de son Produit intérieur brut de la consommation des ménages, des mises en quarantaine à travers le pays pourraient conduire à des baisses importantes des statistiques économiques pour le mois de mars (voire au-delà) et augmenteraient le risque de récession de la première économie mondiale », met en garde Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

Sur le CAC 40, le secteur des matières premières subissait de plein fouet le décrochage des cours du pétrole, à commencer par ArcelorMittal (-15,19 % à 9,81 points). Dans le secteur pétrolier Total plongeait de 12,26 % à 32,60 euros, TechnipFMC de 23,14 % à 8,67 euros et CGG (-35,1 % à 1,28 euro). Dans le secteur aéronautique, Air France-KLM s’effondrait de 6,80 % à 5,32 euros, Airbus de 9,25 % à 90,43 euros. Les bancaires poursuivaient leur descente aux enfers : BNP Paribas (-9,81 % à 34,74 euros), Crefit Agricole (-9,66 % à 8,40 euros) et Société Générale (-13,3 % à 18,55 euros). Dans le tourisme, Accor chutait de 7,57 % à 28,46 euros.

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