Coronavirus : Jean-Luc Mélenchon veut poser la question de la fin du confinement « maintenant »

Jean-Luc Mélenchon, le 2 décembre 2019 à l’Assemblée nationale. — Isa Harsin/SIPA

Jugeant que placer les Français dans une forme de « prison volontaire » n’est « pas une solution durable », le chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon a estimé, ce lundi, que la question du déconfinement devrait se poser « dès maintenant ».

« On vient de reporter le confinement de 15 jours, mais personne n’a évalué ce qui nous permettrait de le lever. La question du déconfinement devrait se poser dès maintenant », a estimé Jean-Luc Mélenchon dans un entretien à L’Obs, alors que le confinement doit se poursuivre au moins jusqu’au 15 avril.

« C’est la prison volontaire »

« Les gouvernants néolibéraux ont été incapables de prévoir l’entrée de la crise » et « n’ont pas commencé à penser ni la manière de la surmonter réellement (à part le confinement, l’équivalent de la quarantaine moyenâgeuse), ni évidemment la sortie », a-t-il ajouté. « Le confinement forcé est nécessaire, mais ça ne doit pas nous faire oublier que c’est la prison volontaire », a insisté Jean-Luc Mélenchon, notant que « 65 millions de gens se sont mis en prison eux-mêmes et se surveillent ».

Le chef de file des Insoumis a réitéré aussi ses critiques sur le vocabulaire guerrier employé par l’exécutif, en particulier Emmanuel Macron, face à l’épidémie de coronavirus, le jugeant « absurde ». « Il est destiné à suggérer un rôle héroïque du chef de l’Etat. Il a aussi pour fonction d’obliger au « silence dans les rangs » », a dénoncé Jean-Luc Mélenchon.

« Le monde d’après doit commencer maintenant »

« Cette volonté d’empêcher toute discussion va continuer et même se durcir, car les gouvernants ont peur que leur responsabilité pénale soit mise en cause. Je redoute l’évolution de ce régime qui a déjà manifesté de si lourdes tendances autoritaires », ajoute-t-il.

Et de souligner que « la crise que nous vivons ne fait que commencer » : « on découvre avec horreur que l’Europe est presque aussi impuissante face au coronavirus qu’elle l’a été au XIVe siècle face à la peste noire ». Pour le responsable LFI, « le monde d’après doit commencer maintenant ». Mais à ses yeux, « il ne faut pas rêver », un tel monde « à la sauce Macron sera un nouveau choc néolibéral ».

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