Coronavirus en Russie : Face au variant Delta, Poutine appelle les Russes à se faire vacciner

Après que la Russie a enregistré un nouveau record de décès quotidien dus au Covid-19, Vladimir Poutine s’est adressé à ses concitoyens. « La propagation de la pandémie ne peut être évitée que par la vaccination », a martelé mercredi président Russe lors de sa grand-messe annuelle télévisée de questions-réponses avec la population russe. La Russie a enregistré mercredi 669 morts du Covid-19. La capitale, Moscou, et la deuxième ville du pays, Saint-Pétersbourg, sont particulièrement durement frappées.

Ce nouvel appel du président russe, qui s’est lui-même fait vacciner loin des caméras, intervient alors que la campagne d’immunisation est très poussive en Russie sur fond de méfiance de la population. Vladimir Poutine a reconnu qu’il « y a toujours eu des gens qui, d’une manière générale, considèrent qu’il ne faut pas faire de vaccins ». « Ces gens sont nombreux (…) pas que dans notre pays mais aussi à l’étranger », a-t-il relevé. « Il ne faut pas écouter les gens qui n’y comprennent rien à ces choses, s’appuient sur des rumeurs, mais les experts », a-t-il poursuivi.

« Je ne soutiens pas l’obligation vaccinale »

Cependant, au niveau national, « je ne soutiens pas l’obligation vaccinale » a-t-il déclaré. Il a cependant justifié que pour éviter un confinement strict, « certaines régions introduisent l’obligation vaccinale pour certaines catégories de citoyens » comme à Moscou ou à Saint-Pétersbourg pour les employés travaillant dans les services à la personne ou les populations à risque.

Ces mesures sont impopulaires, alors que le rejet de la vaccination a dépassé les 50 % des personnes interrogées ces derniers mois dans divers sondages. Le Kremlin a d’ailleurs admis lundi que son objectif de vacciner 60 % de la population d’ici l’automne est inatteignable. Et surtout, il s’est gardé de fixer tout nouvel objectif.

15,7 % de la population russes vaccinée

Vladimir Poutine a d’ailleurs indiqué pour la première fois quel vaccin russe il a reçu lors de sa vaccination en mars. Il s’agit du Spoutnik V, le vaccin phare de Moscou pour lequel le pays a signé des contrats de livraison de millions de doses dans le monde entier. Le président russe a fait la publicité des vaccins russes en s’en prenant aux injections développées en Occident, à rebours des évaluations scientifiques et sanitaires à travers le monde, les jugeant efficaces et sûrs. «Chez nous tout se passe bien et il n’y a pas ces situations tragiques comme après AstraZenaca ou Pfizer», a assuré Vladimir Poutine, en référence à des cas rares d’effets secondaires mortels. Ces vaccins ont été approuvés par l’Organisation mondiale de la Santé, alors que le Spoutnik V est encore à l’étude.

La campagne vaccinale, lancée en décembre à grand renfort de propagande autour du Spoutnik V, l’injection phare de Moscou, n’a pour l’instant convaincu que 23 des 146 millions de Russes, sur fond de méfiance généralisée. Cette faible couverture nationale, malgré le lancement de trois autres vaccins, a, selon les experts, favorisé la vague épidémique déferlant sur la Russie actuellement, entraînant une litanie de records de décès et de contaminations depuis la mi-juin. La Russie est le pays européen le plus endeuillé par le Covid-19 avec 134.545 morts selon les chiffres du gouvernement et 270.000 morts selon l’agence des statistiques Rosstat, qui en a une définition plus large.