Coronavirus en Polynésie : 54 morts en trois jours, les autorités sanitaires inquiètes

Avec 54 morts entre vendredi et dimanche, le nombre de décès quotidiens liés au Covid-19 a encore augmenté en Polynésie française, a annoncé la Direction de la Santé de cette collectivité d’outre-mer, ce lundi.

Depuis le début de l’épidémie, trois cent onze Polynésiens sont décédés du Covid-19, dont plus de la moitié au cours des trois dernières semaines, en raison de la diffusion rapide du variant Delta dans une population peu vaccinée. Les comorbidités, comme le diabète et l’obésité, sont par ailleurs très fréquentes.

Le taux d’incidence « plus calculable »

La Direction de la Santé a recensé 7.591 Polynésiens actuellement positifs au Covid-19 sur une population de 280.000 habitants. Un nombre de cas sous-estimé, puisque la plupart des asymptomatiques ne sont pas testés. Le gouvernement local fait en effet porter l’effort des soignants sur le traitement des patients et la vaccination plutôt que sur les tests et estime que le taux d’incidence, qui a dépassé 2.800/100.000 habitants la semaine dernière, n’est « plus calculable ».

La présidence de la Polynésie française, qui était un centre de tests jusqu’à la semaine dernière, a été transformée en vaccinodrome du lundi au samedi. Les îles polynésiennes sont sous couvre-feu, et l’archipel de la Société, le plus peuplé, est confiné. De nombreuses dérogations permettent toutefois de maintenir un minimum d’activité économique.

Les services hospitaliers saturés

Deux semaines après la rentrée scolaire, toutes les écoles, collèges et lycées ont fermé pour au moins quinze jours. Ce lundi, les enseignants ont commencé à assurer la continuité pédagogique. La population polynésienne est très dispersée et beaucoup de familles ont peu accès à Internet. Le ministère de l’Education local craint le décrochage d’élèves défavorisés, comme cela s’était produit lors du confinement précédent, en 2020.

L’Université de la Polynésie française a proposé lundi des réunions de prérentrée aux étudiants de première année, mais tous les cours sont prévus à distance. Les étudiants qui le souhaitent pourront toutefois se rendre sur le campus pour bénéficier d’une bonne connexion Internet. Saturé, le Centre hospitalier a dû ouvrir des lits dans les bureaux et dans son hall central. Sa morgue est aussi saturée et les corps sont placés dans des conteneurs réfrigérés. Plusieurs communes tahitiennes ont signalé des difficultés à faire face à l’augmentation soudaine des enterrements.