Coronavirus en Paca : « Plan Marshall », fonds d’urgence… Les professionnels du tourisme préparent leur contre-attaque post-confinement

Le tourisme, moteur d’activité en Paca — Archives ANP / 20 Minutes

  • En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la crise coûterait déjà entre 4 et 5 milliards d’euros de recettes touristiques.
  • Des aides d’urgence ont été mises en place pour sauver l’offre existante.
  • Dès la fin du confinement, les acteurs du tourisme mettront l’accent sur la clientèle française, avant de viser l’international.

« Les recettes touristiques en région Sud, c’est 20 milliards d’euros par an. On voit bien qu’un trimestre va tourner quasiment à zéro… Selon moi, l’impact immédiat est de 4 à 5 milliards d’euros. » Jean-Baptiste Lemoyne n’a pas eu besoin de faire de longs calculs pour évaluer l’impact de l’épidémie de coronavirus sur la filière touristique dans la région Paca. C’est par cette dernière que le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a débuté cette semaine son « tour de France virtuel des régions ».

À l’issue de cette réunion, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a dépeint la crise que connaît le secteur touristique en Paca. « 92 % de l’économie régionale est impactée fortement, ou très fortement. Dans le tourisme, 99 % est à plat ! Les taux d’occupation des hôtels sont tombés en dessous de 1 %. Cela a des conséquences dramatiques. » Surtout quand le tourisme représente 13 % du PIB et près de 140.000 emplois au niveau régional.

Hôtellerie, restauration, tourisme d’affaires… Tous impactés

À Nice, où le tourisme pèse pour 18 % du PIB de la ville, « l’activité est inédite et catastrophique », déclare Denis Cippolini, président de la Fédération de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme Nice Côte d’Azur. « 99,5 % de nos hôtels et 100 % de nos restaurants, plages et établissements de nuit sont fermés. Aucun emploi saisonnier n’est pourvu. Et à l’échelle du département, sur les personnes éligibles au chômage partiel, 30 % proviennent de l’hôtellerie… »

MipTV, Mipim, Midem, CanneSeries et Cannes Lions annulés, Festival de Cannes en suspens. Dans la ville des festivals, le tourisme d’affaires et de congrès fait les frais du coronavirus. Un secteur dans lequel le peu de solutions de report des événements génère des pertes nettes.

Sauvegarder l’offre existante

Pour affronter cette crise, les mesures de soutien aux entreprises françaises se sont multipliées à tous les échelons. Au niveau national, l’Etat a alloué 552 millions d’euros sous forme de prêts garantis, dont 35 millions d’euros reversés à la région Sud, avec un ticket moyen qui s’élève à 140.000 €. Autre dispositif mis en place : l’ordonnance « à valoir ». « Pour limiter l’impact de la crise sur leur trésorerie », les opérateurs de voyage ont la capacité d’indemniser leurs clients en leur fournissant un avoir à utiliser après la sortie du confinement.

De son côté, la Région, par l’intermédiaire de son président Renaud Muselier, a annoncé le 30 mars dernier un plan d’urgence, de solidarité et de relance d’un montant de 1,4 milliard d’euros. 70 millions sont destinés aux entreprises, dont celles du tourisme.

En parallèle, le comité régional de tourisme (CRT) Paca a impulsé la création d’un « comité régional de filière tourisme » afin de « sauvegarder l’offre existante ». « Il doit permettre à toutes les têtes de réseaux et aux grands acteurs institutionnels de croiser leurs informations, déclare François de Canson, président du CRT Paca. Nous devons jouer collectif et relayer les dispositifs régionaux et nationaux à nos entreprises. Aujourd’hui, il y a nécessité de leur redonner de l’oxygène pour qu’elles puissent tenir sur la distance. »

Imaginer le tourisme « d’après-coronavirus »

Afin de relancer l’économie touristique après la crise sanitaire, le CRT Paca et tous ses partenaires ont entrepris leur « plan Marshall de reconquête ». « À court terme, le CRT et ses partenaires ont fait le choix de miser sur la clientèle française et infrarégionale », précise son président. Pour les convaincre, une campagne de communication de promotion des destinations Provence, Alpes et Côte d’Azur est prévue sur tous les supports de diffusion (affichage, radio, télévision, digital). « C’est la plus grande de ce type jamais réalisée en France », met en avant François de Canson. Budget : près d’1,5 million d’euros. « Une importante valorisation de nos destinations aux Galeries Lafayette, à Paris, est également prévue cet été », ajoute le représentant du CRT. Montant de l’opération : 1 million d’euros.

Dans un second temps, les professionnels du tourisme élargiront leurs actions de promotion à la clientèle internationale. « Cela sera décidé au cas par cas en fonction de la réouverture des marchés. Des campagnes qui étaient prévues au début du printemps seront reportées et adaptées au nouveau contexte », précise François de Canson.

Selon les professionnels du tourisme, la reprise se fera progressivement sur un an et demi à deux ans.

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Est-ce le moment de réserver pour ses vacances d’été ?

« Pour l’instant, (…) je conseille aux Français la plus grande prudence sur la préparation de leurs voyages car la situation aujourd’hui est encore trop incertaine. Je leur dis d’attendre », a répondu Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports, mardi 7 avril sur France Info. Une position que rejoint Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. « La priorité, c’est de vaincre l’épidémie. Il est très hasardeux de faire des projections. Procéder à ce type de réservation est très aléatoire. »

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