Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : « Le taux d’incidence dans les départements côtiers se stabilise »

Une lueur d’espoir ? Le taux d’incidence du Covid-19 se stabilise en Nouvelle-Aquitaine : 213,5 cas pour 100.000 habitants au 3 août, alors qu’il était de 234,7 au 30 juillet.

Ce sont surtout dans les départements côtiers, où ce taux avait flambé ces dernières semaines, que la situation semble s’améliorer : le taux est désormais de 278 en Charente-Maritime (contre 367 au 30 juillet), de 306,4 en Gironde (contre 350,8), de 262,4 dans les Landes (contre 307,5) et de 281,9 dans les Pyrénées-Atlantiques (contre 302,4). Une amélioration que l’on peut en partie corréler à la couverture vaccinale dans la région, qui atteint au 4 août 58,3 % de la population qui a reçu deux doses, contre 54,8 % au niveau national.

La situation n’est toutefois pas homogène, et le taux d’incidence continue d’augmenter dans les autres départements de la région. Explications avec le directeur général de l’ARS de Nouvelle-Aquitaine, Benoit Elleboode.

Benoit Elleboode, directeur général de l'ARS en Nouvelle-Aquitaine

Comment décririez-vous la situation en Nouvelle-Aquitaine à ce jour ?

Le taux d’incidence dans les départements côtiers de la région – Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gironde, Charente-Maritime – qui sont ceux où il était monté le plus haut, se stabilise. On ne sait pas encore s’il s’agit d’un pic ou d’un plateau, il faut encore attendre quelques jours. Cela peut aussi remonter, restons prudents. En tout cas, nous avions de fortes montées exponentielles depuis plusieurs semaines, ce n’est plus le cas. En revanche, dans les autres départements de la région qui étaient moins touchés, l’épidémie progresse rapidement, hormis la Creuse qui échappe à cette tendance.

Ces départements suivent donc la tendance des départements côtiers, avec un décalage ?

C’est cela, avec cette différence qu’ils vont bénéficier d’un certain nombre de mesures qui n’étaient pas en vigueur dans les départements côtiers au moment où le variant delta a commencé à flamber. Je pense notamment à l’obligation du pass sanitaire dans un certain nombre de lieux, et l’obligation de vaccination des soignants, tandis que la campagne de vaccination continue de progresser. La vaccination n’empêche pas le virus de circuler, mais les gens vaccinés contaminent moins. C’est une course contre la montre.

Malgré tout, comment expliquer que ce taux d’incidence dans les zones côtières se stabilise, alors qu’il n’a pas atteint des niveaux de l’ordre de 600 comme on peut le voir en Occitanie ou en Corse par exemple ?

Une des raisons serait que c’est parce que c’est en Nouvelle-Aquitaine que l’alerte a été sonnée en premier, avec l’apparition de clusters dès le mois de juin. Les gens ont donc été sensibilisés très tôt dans la saison au fait que l’épidémie était là, et ont recommencé à mieux respecter les gestes barrière. Ce n’est pas la même configuration que l’été dernier.

L’autre combat, c’est celui contre la surcharge hospitalière, quelle est la situation à ce jour ?

Dans ce combat c’est bien la vaccination qui est l’arme la plus redoutable. Prenez le département des Landes qui est un des départements les mieux vaccinés [61,7 % de la population de ce département a reçu deux doses] notamment chez les populations à risque, nous avons une moindre saturation des services hospitaliers, à la différence de Charente-Maritime, Gironde et Pyrénées-Atlantiques. Mais au regard des taux d’incidence de ces trois dernières semaines, on sait que le pic dans les hôpitaux va arriver à partir de la semaine prochaine, au plus mauvais moment puisque nos hôpitaux sont en sous-capacité à cause des congés des soignants du mois d’août. Et c’est très bien que les personnels partent en vacances, ils en ont besoin, mais le pic va tomber au moment où nos capacités vont être amputées. C’est pourquoi nous demandons à l’ensemble des établissements publics et privés de l’ensemble de la région de s’organiser et de déprogrammer un certain nombre d’opérations non urgentes, pour libérer du personnel et des lits supplémentaires notamment en réanimation.

On craint donc encore une saturation des hôpitaux, alors même que la couverture vaccinale progresse ?

Oui car elle n’est pas encore suffisante pour déconnecter l’impact hospitalier de la montée du taux d’incidence. Malgré tout, cette couverture vaccinale permet d’atténuer le choc. Souvenez-vous au début de l’épidémie, les taux d’incidence de plus de 300 dans le grand Est obligeaient l’intervention de l’armée pour installer des réas éphémères. Nous n’en sommes plus là.

Le rythme de la vaccination en Nouvelle-Aquitaine est-il satisfaisant ?

Il est bon, et on sait qu’il va s’accélérer maintenant que les mesures du pass sanitaire ont été confirmées par le conseil constitutionnel. On va avoir un pic dans les centres de vaccination, sachant que notre système est aussi beaucoup sollicité pour vacciner les touristes. On n’aura pas de problème logistique pour assurer la vaccination, et les doses sont là. Il pourrait y avoir une petite tension juste avant la rentrée, mais ce sera transitoire, de l’ordre de quelques jours. Mais nous sommes en capacité de vacciner tout le monde d’ici l’automne, et même avant si les gens viennent.

Y compris les enfants de plus de 12 ans ?

On va démarrer une campagne de vaccination dans les collèges et les lycées pour les plus de 12 ans à la rentrée, mais nous sommes déjà aujourd’hui à 50 % des jeunes entre 12 et 19 ans qui ont reçu une première dose. Nous mettrons en place parallèlement des mesures particulières dans les écoles primaires, où on ne vaccine pas mais où on effectuera un maximum de tests salivaires car ce sont des zones de brassage. On va faire attention à cette rentrée.