Coronavirus en Bretagne : Même pendant les vacances, la maîtresse part en live et cartonne sur YouTube

Marie-Solène Letoqueux fait la classe virtuelle aux tout-petits pendant le confinement. — Capture d’écran YouTube

  • Une institutrice bretonne fait chaque jour à 15h la classe virtuelle aux tout-petits en direct sur YouTube.
  • Pendant une heure, elle passe derrière les caméras et propose des comptines, des ateliers et des histoires aux enfants de 2 à 5 ans.
  • Sa chaîne « La maîtresse part en live » remporte un franc succès pendant le confinement et compte déjà plus de 22.000 abonnés.

Le rituel est désormais bien rodé. Tous les jours de la semaine à 15h, à l’exception du mercredi, Marie-Solène Letoqueux passe derrière la caméra pour faire la classe virtuelle en direct aux tout-petits. Et cela cartonne puisque sa chaîne YouTube « La maîtresse part en live », mise en ligne pendant le confinement, affiche déjà plus de 22.000 abonnés et ses vidéos plus de 400.000 vues. Enseignante de petite section dans une école à Luitré, à la frontière de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne, la jeune maman n’était pas théoriquement tenue d’assurer la continuité pédagogique à ses 26 élèves de maternelle. Mais le besoin de « garder le lien » avec eux a été le plus fort.

Voilà comment l’institutrice bretonne s’est retrouvée, sur une idée de son mari, à faire classe sur YouTube. Il a fallu tout d’abord rapatrier plein de matériel de son école pour reconstituer un décor de classe dans une pièce de sa maison. Trois caméras ont également été installées, avec son mari producteur aux manettes et une équipe technique pour les aider. Et le 23 mars, la maîtresse a démarré son show sur les réseaux. « Les débuts ont été un peu difficiles, reconnaît-elle. Je n’étais pas à l’aise devant la caméra. Mais à force de revoir les vidéos, j’ai réussi corrigé mes erreurs et je me suis prise au jeu ».

Des comptines, des histoires et des petits rituels

Pendant une heure, la maîtresse fait donc classe en ligne dans une version condensée d’une journée classique. « Je divise le cours en quatre temps forts avec les rituels comme la date et la météo, un atelier, une lecture d’histoire et une comptine », détaille-t-elle. Comme dans sa vraie classe, elle propose aussi des thèmes comme le carnaval, Pâques, les couleurs ou les émotions aux enfants qui se trouvent derrière l’écran, n’hésitant pas à donner de sa personne en se déguisant.

Pas question en revanche d’évoquer le coronavirus. « J’ai juste parlé des microbes et de la manière de bien se laver les mains dans la première vidéo, indique la maîtresse. Mais je n’évoque pas le virus, c’est trop anxiogène pour des tout-petits. Et ils en entendent déjà assez parler, ils ont besoin de souffler pendant une heure ».

Le défi de « tenir dans la longueur »

A mesure que son auditoire s’élargit, Marie-Solène doit aussi désormais tenir le défi de « tenir dans la longueur », le retour en classe des tout-petits n’étant pas prévu avant au moins le 11 mai. « Il va me falloir de l’aide et avoir des idées d’autres enseignants », souligne l’institutrice bretonne, qui ne compte pas ses heures chaque jour pour préparer son cours. Mais à son retour en classe, nul doute que ses élèves seront fiers d’avoir comme maîtresse une star de YouTube.

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