Coronavirus en Alsace : La bataille alimentaire pour les personnes précaires

Les deux épiceries solidaires de l’Agoraé, à Strasbourg, ont dû suspendre leurs activités (archives). — Varela

  • L’épidémie de coronavirus et le confinement font craindre aux associations caritatives une baisse du nombre de dons alors que les besoins ne diminuent pas et que les assos élargissent leur champ d’action.
  • Outre des denrées alimentaires, l’association étudiante Afges demande également des dons de « gel hydroalcoolique et de masques » pour pouvoir faire ses distributions.

« La solidarité est plus que jamais indispensable », lançaient il y a une semaine les Restos du cœur, dans un appel au bénévolat. Le Secours populaire souligne que les personnes précaires « sont rendues encore plus vulnérables » par le confinement et l’épidémie. Pourtant, les associations ont été contraintes de freiner leur action à cause de la crise du Covid-19.

« Les règles de confinement et de sécurité nous contraignent à mettre énormément de personnels à l’arrêt, constate Olivier Coupry, directeur de Caritas Alsace. Sur 2.000 bénévoles, pour certains âgés ou présentant des risques, on a été obligé d’en écarter 95 %. Nous avons réduit nos actions de contact. » Avec la crise du Covid-19, le directeur de cette association partenaire du Secours catholique considère avoir « basculé dans l’urgence, en première ligne, avec les pouvoirs publics et les autres associations ».

Des distributions sur rendez-vous

Dans cette situation exceptionnelle, « nous concentrons nos efforts sur l’aide alimentaire d’urgence », ajoute Olivier Coupry, qui s’appuie en particulier sur les 50 salariés de l’association. De ses onze épiceries sociales et solidaires, l’association a pu en garder cinq ouvertes. Il ne s’agit plus de vendre les denrées à prix aidé, mais de distribuer des colis et « faire d’abord en sorte que les gens n’aient pas faim », justifie le directeur de Caritas Alsace. En temps normal, entre 600 et 1.000 familles bénéficient de la solidarité alimentaire de ces structures.

Comment procéder, en plein confinement ? « Il n’y a plus d’accueil, il faut venir sur rendez-vous et les distributions se font à l’extérieur des locaux, avec une équipe réduite de bénévoles qui font appliquer les gestes barrière », décrit Olivier Coupry. Pour limiter les risques sanitaires et à cause des problèmes d’approvisionnement, l’association a également prévu de distribuer des chèques-service permettant d’acheter de la nourriture, pour un montant total qui pourrait dépasser les 30.000 euros. Un appel aux dons a été lancé pour participer à cette action.

Une livraison attendue

A Strasbourg, l’Afges Les étudiant-e-s d’Alsace a dû suspendre l’activité de ses deux épiceries sociales et solidaires, Agoraé, « face à la crise sanitaire ». « On travaille avec la Banque alimentaire, mais elle a été très sollicitée, précise Jean-Valentin Foury, président de l’association étudiante. On ne pourra rouvrir un point de distribution [au Minotaure, 1, quai du Maire-Dietrich], dans des conditions sanitaires strictes, que lundi ou mardi, après la prochaine livraison de denrées. » Des livraisons de nourriture à domicile seront également organisées.

En attendant, l’association lance un appel aux dons de denrées alimentaires mais aussi d’accessoires de protection : « Nous manquons de gel hydroalcoolique et de masques. Pas besoin de gants, car nous en avons déjà pour les distributions de denrées. »

« Beaucoup d’étudiants ont perdu leur job »

Comment aider, en temps de confinement ? « Un particulier, chez lui, qui n’aurait pas besoin de plusieurs bouteilles de gel, peut nous en donner une. Et chaque don de nourriture permettra de préparer plus de plateaux-repas. » Il suffit de contacter l’association pour convenir d’un rendez-vous et les bénévoles viendront à domicile. Un appel a également été lancé aux restaurateurs.

En temps normal, l’Afges soutient « une centaine d’étudiants » avec ses épiceries sociales et solidaires, selon son président. « La plupart de nos bénéficiaires sont des étudiants internationaux qui sont repartis au pays avec le confinement, précise-t-il. Mais beaucoup d’étudiants ont perdu leur job et se retrouvent maintenant dans le besoin, donc on élargit notre champ d’action. »

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