Coronavirus : « D’ici une semaine, nous pourrons quotidiennement effectuer 1.000 tests », explique le général Patrick Touron

Cinq experts de la gendarmeries sont mobilisés pour effectuer des tests de dépistage du Covid-19 — gendarmerie nationale

  • L’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale va mettre à disposition de l’hôpital de Garches son laboratoire mobile pour effectuer des tests de dépistage de Covid-19.
  • « Les hôpitaux de l’AP-HP sont fortement sollicités pour faire des analyses. On a donc pensé qu’il était possible de leur faire profiter de nos capacités », explique dans une interview accordée à 20 Minutes le général Patrick Touron, commandant du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale.
  • Dans quelques jours, les gendarmes seront capables d’effectuer environ un millier de tests par jours.

L’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) va mettre à disposition de l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine) son laboratoire mobile. En temps normal, il est déployé rapidement sur des scènes de crimes, d’attentats, de catastrophes aériennes ou climatiques et permet aux «experts» de la gendarmerie de réaliser jusqu’à 80 analyses ADN par heure.

Alors que les hôpitaux sont dépassés par l’afflux de patients contaminés par le coronavirus, l’IRCGN a proposé à l’AP-HP un coup de main pour effectuer des tests de dépistages du Covid-19. « D’ici une semaine à dix jours, nous pourrons quotidiennement en effectuer 1.000 en moyenne », explique, dans une interview accordée à 20 Minutes, le général Patrick Touron, commandant du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale.

Pourquoi mettez-vous à la disposition de l’hôpital de Garches le laboratoire mobile de l’IRCGN ?

La délinquance, du fait du confinement, diminue. J’avais donc des équipements qui étaient disponibles et sous-employés. Or, les hôpitaux de l’AP-HP sont fortement sollicités pour faire des analyses. On a donc pensé qu’il était possible de leur faire profiter de nos capacités. C’est ce qu’on a fait.

Nous entretenons avec l’hôpital de Garches des relations étroites car nous travaillons avec leur IML (Institut médico-légal), leur laboratoire en toxicologie et leur laboratoire de biologie-virologie qui est fortement sollicité dans le cadre de l’épidémie. On s’est naturellement rapproché des équipes du professeur Jean-Louis Hermann qui étaient à la recherche de tests de dépistage.

On a ensuite essayé de voir si on pouvait reconfigurer notre chaîne d’analyse d’ADN pour faire de la détection du Covid-19. Les biologistes de chez eux et les nôtres échangent et travaillent dessus depuis une semaine. On a validé le protocole d’analyse ensemble.

Combien de tests cette équipe pourra-t-elle effectuer ?

D’ici une semaine à dix jours, nous pourrons quotidiennement en effectuer 1.000 en moyenne. Pour l’AP-HP, c’est une petite quantité. Mais cela va leur permettre de bâtir une stratégie médicale plus efficiente. Tant qu’on peut les aider, on le fera.

Comment travaillez-vous concrètement avec eux ?

Nous recevons les échantillons sous forme d’un code-barres. Nous rendons un résultat que nous associons à ce code-barres et c’est le service biologique de Garches qui est en charge des interprétations et des rendus des résultats.

Nous nous sommes pluggés à leur structure et nous sommes devenus une extension, finalement, du laboratoire de Garches. Tout se passe très bien.

Les gendarmes de l’IRCGN sont-ils préparés à travailler dans ce type de contexte ?

L’IRCGN dispose d’un groupe d’investigations en milieu dégradé. Ces gendarmes travaillent aussi bien lors d’un accident qui survient sur un site SEVESO, donc en environnement chimique dégradé, ou en milieu radiologique dégradé.

Ce sont donc des gens formés, préparés, qui ont eu un entretien psychologique, un suivi médical. Naturellement, ils se sont insérés dans le dispositif sans aucune contrainte : ils étaient volontaires et demandeurs.

Le laboratoire mobile de l’IRCGN a-t-il vocation à aider des hôpitaux dans d’autres régions ?

A l’heure actuelle, l’hypothèse de travail, c’est de rester sur place car il y a des besoins en Ile-de-France. Le jour où il n’y en aura plus, on pourra se déplacer effectivement. Mais à l’heure actuelle, nous nous sommes mis à disposition de l’AP-HP qui a décidé qu’une implantation à Garches répondrait bien à leur besoin.

Combien de personnels de l’IRCGN sont mobilisés ?

Nous envisageons d’avoir constamment sur place cinq personnels : il y a quatre biologistes – deux équipes de deux – qui tournent pour des raisons techniques toutes les deux heures.

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