Coronavirus : « Des stades vides, c’est un crève-cœur », défend le député Sacha Houlié qui réclame des jauges proportionnelles

Une première victoire, mais qui ne dit rien de l’issue du dossier. Mercredi soir, la commission des lois de l’Assemblée Nationale a adopté – contre l’avis du rapporteur – l’amendement déposé par le député LREM Sacha Houlié et plusieurs collègues pour faire évoluer les jauges d’accueil dans les stades et salles de concert.

Ces élus estiment que le nombre de spectateurs autorisés devrait être proportionnel à la capacité d’accueil de l’enceinte, et non répondre à une valeur absolue (5.000 personnes en extérieur, 2.000 en intérieur), comme l’a annoncé le gouvernement lundi. Le député de la Vienne a bon espoir que son amendement soit définitivement intégré au projet de loi, qui sera examiné lundi 3 janvier au Sénat.

Quelles sont les étapes restant à franchir après l’adoption de votre amendement mercredi soir ?

L’amendement est intégré au projet de loi. La question, désormais, est de savoir ce que va faire le gouvernement. Est-ce qu’il va vouloir revenir dessus ou pas ? C’est tout l’enjeu. Si le projet de loi arrive au Sénat en l’état le lundi 3 janvier, je pense qu’il aura de grandes chances d’être adopté. J’ai pas mal d’échos positifs de la part de collègues, quelle que soit leur orientation politique d’ailleurs. Je sais aussi, pour avoir beaucoup travaillé avec eux ces derniers mois, que les dirigeants, notamment du football, y sont largement favorables.

Quelle sera à selon vous la position du gouvernement ?

Pour être honnête, je n’en sais rien. Des réunions interministérielles doivent avoir lieu. Le gouvernement a voulu mettre en place la même chose pour tout le monde, à savoir 5.000 personnes en extérieur et 2.000 en intérieur, pour afficher une vraie unité. On comprend cette position, mais nous, on préférerait plus de justesse, même si cela peut être un peu plus long et compliqué à mettre en place. Il semble que l’accueil soit favorable chez les acteurs du sport et dans la population, c’est pour ça qu’il y a de sérieuses chances, je pense, que l’amendement soit conservé.

Cela vous a-t-il étonné que le gouvernement en revienne à ces jauges en valeur absolue, comme en 2020 ?

Je ne dirai pas étonné, car il y a une forme de cohérence. Le Premier ministre et le ministère de la Santé souhaitent que ce soit compréhensible par tout le monde, et craignent des brassages dans les transports pour accéder au stade. Je peux les comprendre. Il y a une certaine cohérence chez eux, mais il y en a chez nous car nous avions déjà défendu ces jauges proportionnelles 
à l’époque.

Le principal argument pour ces jauges proportionnelles est-il financier ?

C’est important, bien sûr, mais ce n’est pas le seul aspect. Il y a une vraie volonté de faire participer le public, de pas faire perdre aux gens qui aiment venir dans les stades ou les salles de concert l’habitude de se déplacer. On a tous fait l’expérience des stades vides, ou quasi vides quand on est 5.000 dans une grande enceinte, c’est un crève-cœur.

Envisagez-vous la possibilité d’un huis clos total si le virus venait à se propager encore plus rapidement dans les prochaines semaines ?

Le point de repère reste la situation dans les hôpitaux. Si l’incidence est extrêmement forte et que les hôpitaux sont débordés, des mesures plus drastiques seront envisagées, c’est sûr. Mais en l’état, nous sommes favorables au pass vaccinal pour laisser ouvert un maximum de services et d’établissement recevant du public.