Coronavirus : Des dizaines de milliards injectés contre la « pandémie » pour éviter un crash mondial

Evolution de l’indice IBEX 35 à la Bourse de Madrid, le 11 mars 2020. — Juan Carlos Hidalgo/EFE/SIPA

Le Covid-19, désormais qualifié de « pandémie » par l’Organisation mondiale de la santé, fait aussi chuter les marchés et trembler les grands acteurs économiques de la planète, qui injectent des dizaines de milliards de dollars pour éviter un désastre.

La Bourse de Tokyo a perdu plus de 2 % dans les premiers échanges jeudi, baisse encore aggravée après l’annonce du président américain Donald Trump que tous les voyages de l’Europe – sauf le Royaume-Uni – vers les Etats-Unis seraient suspendus pendant 30 jours à partir de vendredi. Dans la foulée, la Bourse de Hong Kong a ouvert en baisse de près de 3 % jeudi. A Wall Street, l’indice Dow Jones avait clôturé mercredi encore sur une baisse de 5,8 %, en retrait de plus de 20 % par rapport à son dernier record atteint en février, alors que sur les marchés mondiaux les cours du pétrole continuaient de plonger.

 

Les grands argentiers de la planète à la rescousse

Dans de nombreux pays, la vie quotidienne des populations est chaque jour plus perturbée, de la limitation des déplacements aux fermetures en cascade de lieux publics ou aux restrictions du nombre de personnes pouvant se rassembler.

Corollaire de ces « niveaux alarmants de propagation » du coronavirus, l’OMS, par la voix de son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé mercredi à Genève que le Covid-19 pouvait désormais être considéré comme « une pandémie ». Voyant dans cette déclaration « un appel à agir », le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé tous les pays à « redoubler d’efforts immédiatement ».

Confrontés aux craintes d’une crise économique majeure, les grands argentiers de la planète ont annoncé des aides souvent massives, l’Allemagne se disant par exemple pour la première fois prête à renoncer à la sacro-sainte règle du zéro déficit budgétaire, souvent critiquée à l’étranger.

Les bourses européennes continuent de perdre du terrain

Fonds d’investissement de 25 milliards d’euros évoqué par la Commission européenne – qui n’a cependant pas « vocation à résoudre tous les problèmes économiques », a ajouté par la suite sa présidente Ursula von der Leyen –, enveloppe du même montant annoncée mercredi en Italie, plan de 30 milliards de livres rendu public au Royaume-Uni – où la banque centrale a fortement abaissé ses taux –, prochaine présentation aux Etats-Unis d’un programme de soutien, milliard de dollars canadiens promis par Ottawa, plan de relance de plus de 10 milliards d’euros en Australie, la liste est impressionnante.

Comme Wall Street, les bourses européennes ont continué mercredi de perdre du terrain. Il faut dire que 75 % des firmes américaines constatent des difficultés dans les chaînes d’approvisionnement, tandis que l’Opep a fortement revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2020. Et ce au moment même où, en Chine, des entreprises de Wuhan, la ville de 11 millions d’habitants confinés depuis le 23 janvier où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, ont été autorisées mercredi à reprendre leurs activités, après la chute spectaculaire du nombre des nouveaux cas quotidiens de contamination. Dans le reste du monde, la plus extrême prudence reste cependant de mise.

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