Coronavirus : Dans la Sarthe, le géant de la fleur coupée met un million de tulipes à la poubelle

Un million de tulipes jetées — Bigot Fleurs

  • Le produteur de tulipes, pivoines, muguet, et roses se débarrasse de millions de fleurs par jour.
  • Il pousse auprès des grandes surfaces pour que les commandes reprennent au plus vite.

« Ça fait vraiment mal au coeur ». Au bout du fil, Nicolas Bigot est sous le choc. Ce lundi, alors que la saison des tulipes bat son plein, il prévoit un triste destin à ces jolies fleurs colorées qui sortent leur tête sous ses quatre hectares de serres, depuis quelques jours. « Ce matin, nous en jetons un million à la poubelle, rapporte le directeur de Bigot Fleurs, entreprise familiale créée il y a une soixantaine d’années à Allonnes, dans la Sarthe. On n’a pas le choix, contrairement à d’autres secteurs, on ne peut pas mettre sur pause et revenir après que le confinement est terminé. Une fois qu’elles sont trop fleuries, il n’y a plus rien à en faire. »

Avec 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en temps normal, l’épidémie de coronavirus est un « tsunami » pour ce géant de la fleur coupée, qui produit tulipes, pivoines, muguet, et roses sur place et à l’étranger. Si la fermeture des fleuristes complique les choses, c’est surtout la situation des grandes surfaces qui pèse sur l’activité de Bigot Fleurs. « D’habitude, on envoie 500.000 fleurs par jour, principalement pour les bouquets de la grande distribution, explique Nicolas Bigot. Dans le contexte, c’est l’offre alimentaire qui est privilégiée. Résultat, 90 % de ventes en moins. Une perte sèche de près de 100.000 euros par jour. »

« Une course contre la montre »

Pour tenter de limiter le gâchis, l’entrepreneur annonce avoir envoyé quelques bouquets à des hôpitaux de France, pour « égayer le quotidien des personnels hospitaliers ». Bigot Fleurs, qui continue son activité de livraison de fleurs aux particuliers, a placé une grande partie de ses employés en chômage partiel (il faut entretenir malgré tout) mais pousse auprès des grandes surfaces pour que les commandes reprennent au plus vite. « Il faudra que nos concitoyens soient solidaires avec nous en continuant à acheter des fleurs, espère Nicolas Bigot, qui craint également pour sa production  de muguet, le 1er mai approchant. On est dans une course contre la montre, et c’est toute la filière horticole qui pourrait disparaître. Si ça se trouve, d’ici à trois semaines, on ne sera plus là. Même si on gèle toutes les dépenses. »

Si l’entreprise a bien entendu les mesures promises par le gouvernement à destination des entreprises, elle estime qu’il s’agit que d’une « goutte d’eau » face à la situation. Un constat partagé par le député du Maine-et-Loire (LR) Jean-Charles Taugourdeau, qui a écrit au Premier ministre ce week-end pour l’alerter sur la situation de l’horticulture, importante filière économique des Pays-de-la-Loire.

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