Coronavirus : Comment vont s’organiser les tests des élèves en école primaire ?

En marge des mesures annoncées par Olivier Véran pour endiguer la cinquième vague de l’épidémie de coronavirus, Jean-Michel Blanquer a pris la parole ce jeudi midi. Le ministre de l’Education Nationale a indiqué que la règle du « un cas positif = classe fermée » dans le primaire serait remplacée par des tests pour toute la classe, seuls les élèves positifs étant ensuite maintenus à l’isolement. 20 Minutes vous dit tout sur le fonctionnement de cette nouvelle mesure.

Quand cette mesure sera-t-elle mise en place ?

Les services du ministère ont indiqué à 20 Minutes une mise en place progressive du dispositif dans le courant de la semaine prochaine, avec pour objectif une généralisation effective le 6 décembre. « Les règles seront précisées au début de la semaine, pour laisser le temps aux établissements de s’organiser », indique-t-on.

Il faut noter que, depuis mi-octobre, dix départements expérimentent déjà le dépistage systématique dans la classe dès qu’un élève est testé positif au coronavirus : l’Aisne, l’Ariège, la Côte-d’Or, les Landes, la Manche, le Morbihan, la Moselle, le Rhône, le Val-d’Oise et le Var. Si les données précises sur l’impact de ce dispositif ne seront disponibles que la semaine prochaine, il a visiblement convaincu le gouvernement de l’adopter.

Qui devra faire tester les élèves ?

Jean-Michel Blanquer a été flou sur ce point durant la conférence de presse, évoquant d’abord des campagnes de tests dans les écoles, avant de pointer la responsabilité des parents. « Les deux sont possibles », indique le ministère, et c’est surtout la réalité du terrain qui parlera « au cas par cas ». En clair, dans les zones où « la capacité des laboratoires le permet », ces derniers viendront à l’école tester la classe entière. Mais s’ils n’ont pas « la capacité de fournir les résultats rapidement », la responsabilité en reviendra aux parents.

Ce point agace particulièrement les syndicats, qui anticipent les problèmes d’organisation que cela suppose. « Ce n’est pas toujours facile selon les horaires de travail et l’heure à laquelle rentre l’élève », souligne auprès de 20 Minutes Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CDFT. En région parisienne, « passé le périphérique, c’est dur de faire un test PCR sans rendez-vous », ajoute-t-elle.

D’autant plus qu’avec les autres mesures annoncées par Olivier Véran, notamment le passage de la validité du test PCR pour un pass sanitaire de 72 à 24 heures, « il y a fort à parier que le nombre de tests dans la population globale va augmenter », relève la syndicaliste. Ce qui réduira d’autant la capacité des laboratoires à dépister des classes entières.

Quel type de test sera valable ?

Là encore, le ministère veut se laisser le temps de donner des précisions, mais indique qu’il faudra présenter le résultat d’un test « soit PCR, soit antigénique ». « On demande que ça ne soit que des tests PCR, car il y a beaucoup de faux négatifs avec les tests antigéniques », martèle Catherine Nave-Bekhti. Dans tous les cas, Jean-Michel Blanquer a rappelé que les tests étaient « gratuits pour les mineurs ».

Comment s’organisera le retour en classe après la découverte d’un cas positif ?

Quand un cas positif parmi les élèves sera confirmé, « la classe sera fermée, et les élèves reviendront à partir du moment où ils auront le résultat de leur test », explique le ministère. Si le test est de la responsabilité des parents, tous les élèves pourraient donc ne pas revenir au même moment. A moins que les écoles coordonnent le retour en classe, si cette option est incluse dans les précisions du ministère attendues la semaine prochaine.

A court terme, les classes seraient ainsi toujours fermées au premier cas confirmé si les laboratoires sont dans l’incapacité de réaliser les tests assez rapidement. Lors de l’expérimentation, la règle du « un cas = classe fermée » était d’ailleurs toujours appliquée localement quand la campagne de test ne pouvait pas être organisée par l’école, et le SNUipp-FSU relève que 179 classes étaient fermées dans le Rhône mercredi.