Coronavirus : « C’est la respiration dont j’avais besoin ! »… Quels bons souvenirs laissera le confinement ?

Activité de confinement, le 15 avril à Mulhouse (photo d’illustration) — SEBASTIEN BOZON / AFP

  • Le déconfinement progressif commence lundi 11 mai.
  • Si le confinement a eu des répercussions sociales, sanitaires et économiques, il laissera aussi quelques bons souvenirs.
  • Moments en famille, activités retrouvées, rapport au travail modifié… Vous avez été plusieurs dizaines à répondre à notre appel à témoignage.

Tout n’a, bien sûr, pas été rose pendant cette période de confinement, entrée en vigueur le 17 mars pour lutter contre le coronavirus. Ces deux mois de mise en sommeil de l’Hexagone auront engendré des conséquences négatives dans de nombreux domaines, notamment sur le plan social et économique. Alors que le déconfinement arrive enfin, certaines et certains d’entre nous, à condition de ne pas avoir vu leur santé mentale se dégrader, retiendront quelques bons souvenirs de ces journées passées à l’intérieur.

Celles et ceux qui ont accepté de témoigner pour 20 Minutes ont surtout apprécié la possibilité de « prendre le temps » au cours de cette période de confinement. « Je regretterai ces moments passés à me reposer », confie Bérangère, 25 ans. « Je n’ai pas l’impression de gâcher du temps, il est offert », poursuit la jeune femme, qui a pu en profiter sans « culpabilité ». « C’était assez étrange au départ, tant nous sommes habitués à courir toute l’année », abonde Céline, 33 ans, installée en Guyane.

Plusieurs d’entre vous ont vu cette période comme un « cadeau », pour reprendre le mot utilisé par Laetitia et Charlotte, toutes deux trentenaires. « C’est la respiration dont j’avais besoin sans la penser possible », témoigne Laurence, 57 ans, qui a laissé le temps « s’écouler sans contraintes ». « Cette période de confinement a été un déclic pour moi. Je suis le genre de personne vivant à mille à l’heure », confie Laureen, 29 ans. « Au final, je ne me suis jamais sentie aussi apaisée […]. J’ai pris pas mal de résolutions et je vais arrêter d’ouvrir tous les jours mon agenda et laisser un peu plus de place à l’imprévu et à la tranquillité. »

Priorité à la famille

Dans la plupart des témoignages reçus, ce temps retrouvé a été consacré à la famille. « Mon fils vient juste d’avoir 18 mois, et depuis un moment […] j’estimais avoir beaucoup trop peu de temps pour lui, reprend Charlotte. Je prends le temps de lui apprendre des choses, de jouer avec lui et je suis là pour les moments importants comme le bain ou les repas. » « Ce qui me manquera le plus, après le confinement, ce sont tous les instants en famille qu’on pouvait avoir dans une même journée. Ça allait de l’après-midi pâtisserie avec ma grande, aux jeux avec mon dernier en passant par les soirées jeux de société en famille », témoigne Charlotte, 31 ans, qui a également redécouvert les « films en amoureux ».

Un plaisir du temps partagé en famille présent donc quel que soit l’âge des enfants, comme le constate Sabrina, 42 ans, qui pu « profiter pleinement » de ses ados de 13 et 15 ans, tout en continuant à travailler malgré tout. « L’escape game du dimanche soir à la maison avec mes grands enfants me manquera », nous écrit Cécile. Une activité d’autant plus symbolique que le but du jeu est de trouver la sortie, pointe la quadragénaire. « C’est très drôle ! »

Pour d’autres, ces semaines passées en famille auront une valeur d’autant plus grande qu’elles ont eu un caractère exceptionnel. « Je vis à Paris, dans un minuscule studio en temps normal, raconte Camille, 26 ans. Pour la durée du confinement, je me suis fait prêter un appartement beaucoup plus grand dans lequel je vis maintenant avec mon père et mon frère. Travaillant tous les trois dans la restauration, cela faisait maintenant quelques années que nous n’avions pas passé autant de temps ensemble. »

Couture, sport et jeux

Au-delà de la famille, plusieurs d’entre vous se remémoreront avec tendresse le temps consacré à des activités mises entre parenthèses avant le confinement. Cuisine, lecture, promenades, soirées ciné… mais pas seulement. « J’ai pu coudre des robes pour les filles alors que le tissu attendait dans mon armoire depuis plusieurs mois », raconte Laëtitia. Nishan, 24 ans, s’est plutôt consacré aux jeux vidéo, à en juger l’ode au remake de Final Fantasy 7 qu’il a rédigée en vers. « Ô MON FF7/Toi qui est venu sur terre en 97 […] En 2020 tu revenais !/Plus beau et plus fort/Tu ramenais tel un roi/Nos souvenirs de notre âge d’or/Et ces heures passées avec toi. »

Même ambiance ludique du côté de Grégory : « Entre potes on se fait, via Skype, dès parties de jeu de rôle. […]. C’est notre RDV une fois les enfants couchés, explique-t-il. Il se peut que cette habitude demeure même après le confinement ! »

Un rapport au travail différent

« Personnellement, j’ai adoré faire du télétravail », dit Lilou, 30 ans, qui se lève généralement à 5h40 et a pu s’épargner de longs trajets. Fred, 49, a savouré « le silence de la rue […] et non plus la complainte de l’excavatrice et du chef de chantier qui hurle ses consignes à des types qui n’entendent pas à cause du bruit ».

De nombreux témoignages mentionnent ainsi un rapport au travail modifié, plusieurs d’entre vous évoquant leur intention de lever le pied. Cheffe d’entreprise de 30 ans, Mélanie s’attend à « des mois et peut être même des années » de difficultés économiques. Pourtant, « cette période a été une véritable bénédiction. Je ne pense plus qu’à vendre maintenant », confie la jeune femme. Objectif : « Profiter de cette chose magnifique qu’est la vie. » « Je me pose la question de chercher un autre travail, même si celui que j’occupe actuellement est très intéressant », écrit Caroline, 49 ans, habitante de la région lyonnaise. Le confinement lui aura en effet permis d’adopter un « rythme de vie plus paisible ».

Inquiétude sur le retour à la normale

Au final, vous êtes un certain nombre à appréhender le retour à une vie normale. « C’est le déconfinement et le retour à ma vie parisienne d’avant qui me fait peur », reprend Laureen, notre jeune active qui a décidé d’alléger son agenda. « La fin du confinement va être dure ! Mettre un réveil, se dépêcher, courir partout… », s’inquiète Marie. Pour Barbara, 38 ans, c’est bien simple : « Le confinement n’a pas duré assez longtemps. »

Depuis la Nouvelle-Calédonie, Juliana, 45 ans, nous donne un aperçu du déconfinement partiel. « Il y a une ambiance particulière, c’est comme une renaissance. On est moins stressés, moins pressés… » Un confinement, en somme, qui laissera des traces pour chacun et chacune d’entre nous, quelle que soit l’expérience vécue.

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