Coronavirus : Ces vacances modifiées, « c’est un nouvel écroulement pour le tourisme », déplore Didier Arino, de Protourisme

Sur une plage de Nice, en février 2021. — Philippe Magoni
  • Mercredi soir, le président a annoncé de nouvelles mesures concernant le calendrier scolaire.
  • Les vacances scolaires de printemps se dérouleront du 12 au 26 avril, avec interdiction d’aller d’une région à l’autre durant un mois.
  • Un nouveau coup sur la tête pour le secteur du tourisme selon Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme.

Face à l’épidémie de coronavirus qui ne cesse de s’étendre sur le territoire, c’était une intervention présidentielle très attendue. Lors de son allocution télévisée mercredi, Emmanuel Macron a annoncé de nouvelles mesures concernant le calendrier scolaire. Les vacances de Pâques des zones A, B et C seront unifiées, afin de limiter pendant un mois les brassages de populations, propices aux contaminations.

Elles se dérouleront sur l’ensemble du territoire du 12 au 26 avril, après une semaine de cours à distance pour les élèves. Et ce alors que les déplacements inter-régionaux seront interdits pour quatre semaines après le week-end de Pâques, sauf motif impérieux. C’est encore un coup dur pour le secteur du tourisme, déjà durement touché depuis le début de la crise, car de nombreuses familles doivent revoir leurs plans à la dernière minute. Pour 20 Minutes, Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, décrypte la situation.

Quelles conséquences cette modification du planning scolaire peut-elle avoir sur le secteur du tourisme ?

A partir du moment où les gens ne peuvent pas se déplacer, c’est un nouvel écroulement du tourisme. Bon nombre d’entreprises espéraient cette venue de clientèle. Les réservations étaient plutôt correctes, je pense aux locations de meublés, aux Gîtes de France, à AirBnb, aux résidences de tourismes. Notamment les réservations sur la face Atlantique, car les stations balnéaires n’étaient pas en zone confinée.

Par contre, ça ne changera pas grand-chose pour les Alpes-Maritimes, où il y avait déjà des restrictions.

Il est certes trop tôt pour faire des estimations globales, mais y a-t-il des annulations depuis mercredi soir ?

Il y a des annulations en cascades. Au vu de l’incertitude, les réservations ont été réalisées avec possibilité d’annulation et de remboursement. Dès l’annonce [mercredi soir], il n’y a eu que des annulations. Mais ce [jeudi] matin, même s’il y en avait encore, il y avait aussi des réservations. Certaines personnes veulent tant qu’à faire se confiner dans une destination de villégiature.

Que représentent en temps normal les vacances de printemps pour le secteur du tourisme ?

Elles lancent la saison estivale, et pour de nombreux opérateurs, leur réussite est fondamentale pour leur équilibre économique. Avril, mai et juin représentent 25 % du chiffre d’affaires de la saison estivale.

Vous attendiez-vous à ces restrictions ?

Bien sûr. Avec le développement des variants sur le territoire, la saturation des hôpitaux, la mesure semble raisonnable. La question qu’on peut se poser, par contre, c’est si cela n’aurait pas dû être fait plus tôt. Le gouvernement s’est trompé, on se contamine moins dans les hôtels que chez moi en famille avec les enfants qui vont à l’école.

Avec la possibilité de voyager durant le week-end de Pâques qui arrive, pensez-vous qu’il y aura de nombreux départs ?

Ce n’est pas un week-end qui va sauver la saison. Mais il y aura sûrement un mouvement de foule. Que ça fasse un tout petit souffle pour les acteurs du tourisme.

Quelles sont les conséquences économiques sur le secteur du tourisme depuis le début de la crise sanitaire ?

Il a perdu plus de 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires de mars 2020 à mars 2021. Mais les acteurs ont enfin une perspective de réouverture, entre le 15 mai et le 15 juin.

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