Coronavirus à Nice : « Libres » ou « prudents », les Niçois peuvent se passer (parfois) du masque

Allégement du port du masque dans les Alpes-Maritimes — 20 Minutes
  • Depuis le 6 avril, un arrêté préfectoral imposait le port du masque dans les espaces verts urbains et du littoral des Alpes-Maritimes.
  • Samedi, le préfet a annoncé la levée de cette mesure.
  • Les Niçois se sont exprimés sur cette « liberté » au goût de « vie normale ».

« À compter du 4 mai, il ne sera plus obligatoire de porter le masque dans les espaces verts urbains (parcs, jardins et espaces aménagés en bord de cours d’eau) et du littoral (plages) et aux bords de plan d’eau (étangs, lacs et pièces d’eau des bases de loisirs) », a annoncé le préfet des Alpes-Maritimes samedi dernier. Depuis le 6 avril, s’asseoir sur les galets de Nice signifiait aussi, rester masqué au vu de l’arrêté préfectoral. Une mesure, à moitié respectée seulement, qui vient d’être levée.

Assise face à la mer, Hiba, 23 ans, n’a jamais porté le bout de tissu couvrant son nez et sa bouche, seulement « dans les supermarchés » ou quand elle « voit des policiers ». Elle trouve qu’avoir un masque en extérieur est « synonyme de muselière et d’inutilité ». « L’avoir en étant à l’air libre pour profiter de la mer, je trouvais ça ridicule. Aujourd’hui, on retrouve un peu de sens », s’exclame-t-elle.

« On découvre des visages qu’on ne connaissait pas »

Un peu plus loin, Zoé et Alice, 18 ans, révisent leurs cours cheveux au vent et sourires apparents. Elles n’étaient pas au courant de l’obligation du port du masque. « On le porte toute la journée au lycée donc quand on se retrouve entre nous, sur la plage, on se permet de l’enlever. On découvre des visages qu’on ne connaissait pas alors que ça fait des mois qu’on connaît des personnes. Ça fait du bien ! ». Un avis partagé par Lucien qui vient d’Auron et pour qui le masque était un poids. Il estime que cet allégement des restrictions est « un bon début » pour que « les gens se reparlent ».

Nicole, son mari et sa petite-fille profitent de cette « liberté » même si la septuagénaire l’a gardé sous son menton. « C’est une époque où il n’y a pas trop de monde, où on reste éloigné les uns des autres et où de plus en plus de personnes sont vaccinées alors c’est compréhensif qu’on puisse enlever le masque. Après, si ce n’est que sur ces endroits-là, la liberté reste quand même restreinte et c’est normal si c’est utile dans des endroits où la promiscuité est plus importante ».

« Il faut rester prudent »

Des endroits où il y a plus de promiscuité, notamment, dans les parcs. Sur la coulée verte, au milieu des structures de jeux pour enfants, les masques sont toujours sur le nez des passants. Brigitte et Annie, toutes les deux retraitées, assises sur un banc commentent : « Je me sens libérée mais je l’ai gardé sous ma bouche car si on va se balader dans le parc, je le remettrai ». Son amie ajoute : « Le problème avec des espaces comme ceux-ci par rapport à la plage, c’est qu’il y a une plus grande densité de population. Il faut alors rester très prudent. Mais cette crise sanitaire nous a permis aussi d’être plus précautionneux. Même sans être obligé, on garde ces réflexes. On a été marqué. »

Célia aussi a toujours cette habitude de remettre son masque sur son visage en se déplaçant sur la promenade du Paillon. « D’habitude, on l’enlève quand on arrive chez soi. Donc, là, le fait de pouvoir l’enlever quand on est dehors, on remarque que les gens se regardent un peu bizarrement pour savoir si on a le droit ou non. On fait un pas en avant. C’est libérateur. »

Pour Christian, c’est mieux de ne pas prendre trop de risques parce qu’on « n’est pas à l’abri que ça reparte avec trop de laxisme ». Il conclut : « Autant le garder autant que possible, un peu partout quand il y a du monde autour de nous ».

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