Coronavirus à Nantes : « Ce silence, c’est juste incroyable »… Les riverains de l’aéroport découvrent la vie sans les avions

Le centre commercial de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, mercredi 25 mars 2020. — F.Brenon/20Minutes

  • En raison de la crise du coronavirus, le trafic de l’aéroport de Nantes est quasiment arrêté.
  • Les riverains s’étonnent et apprécient de ne plus subir les nuisances sonores.
  • Ils sont encore nombreux à réclamer le transfert de Nantes-Atlantique.

« Je dois bien l’avouer : il y a longtemps que je n’avais pas passé un week-end aussi agréable à la maison ». Danielle en est la preuve vivante même si elle a « un peu honte de le dire » : la crise sanitaire du coronavirus peut aussi avoir ses aspects positifs. A Bouguenais, à Saint-Aignan-de-Grand-Lieu ou à Rezé, ils sont, comme elle, des milliers à goûter à un calme inattendu depuis plusieurs jours. Ces riverains de l’aéroport Nantes-Atlantique, qui d’habitude subissent le ballet sonore croissant des avions au-dessus de leurs logements, ne boudent pas leur plaisir de constater que le trafic aérien s’est littéralement effondré (plus de 90 % des vols annulés). Une impression accentuée par la diminution du trafic automobile.

« Ce silence, c’est juste incroyable, explique Danielle, qui habite à l’entrée du bourg de Saint-Aignan. C’est là qu’on se rend vraiment compte dans quel environnement bruyant on vivait avant » « Ça fait une sacrée différence, confirme Marilyne, Aignanaise elle aussi. D’habitude, à 6h du matin, on est réveillé par un bruit d’avion. Maintenant on peut dormir. Ça fait tout drôle. »

« Ça devrait ça la normalité ! »

Devant la boulangerie de la commune, Cyril affirme, lui aussi, avoir « retrouvé un sommeil paisible ». « Au début je ne comprenais pas ce qui avait changé, j’ai mis un peu de temps à réaliser. Pareil dans le jardin, on a pu prendre le soleil au calme, discuter sans être interrompu », confie-t-il tout sourire. Partisan du transfert de l’aéroport, Patrick est remonté. « Mais ça devrait être ça la normalité ! Le gouvernement nous contraint à une vie anormale. On ne parle pas de confort : les nuisances sonores provoquent le stress et des maladies. »

A proximité de la station de tram Les Couëts, à Bouguenais, le discours est le même. « Le trafic a tellement augmenté ces dernières années que c’est devenu insupportable. Mais, depuis une semaine, on respire, on entend même les oiseaux », apprécie Catherine. Teddy ose un aveu. « Peut-être que certaines compagnies aériennes ne passeront pas la crise. Ça nous fera un peu de répit. »

« On sait que ça ne va pas durer »

Domicilié à Saint-Aignan mais travaillant aux Couëts, Joël Sauvaget, président du collectif de riverains Coceta confirme que ses adhérents « ne parlent que de ça depuis quelques jours ». « On avait vécu la même chose quand le trafic avait été interrompu après l’éruption d’un volcan islandais en 2010. Mais ensuite on avait laissé faire le développement de Nantes-Atlantique en pensant qu’il allait partir. Bien sûr, on sait que la situation ne va pas durer. Et le contexte ne nous incite pas à nous réjouir. Mais ça donne une idée de la qualité de vie qu’on pourrait connaître si le transfert de l’aéroport devenait effectif. »

Selon le préfet de Loire-Atlantique, Claude d’Harcourt, une fermeture totale de l’aéroport n’est pas prévue pour le moment, notamment en raison de l’activité de fret qui perdure. Neuvième aéroport français pour son trafic, Nantes-Atlantique avait transporté 7,2 millions de passagers en 2019.

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