Coronavirus à Montpellier : Comment le club le plus titré du hand français a résisté à la crise sanitaire

Le Montpellier Handball a dû faire front face à la crise du coronavirus. — Patricia Sports

Le Montpellier Handball (MHB) a été le premier club de France à mettre l’intégralité de ses salariés au chômage partiel. « C’est grâce à cela que nous existons toujours », explique son président.

Le club, comme l’ensemble du hand français, s’est opposé au huis clos. « Notre modèle économique ne permet pas de jouer sans public ». S’il s’est relevé de la pandémie, « la grande inquiétude, c’est la saison prochaine » et le comportement des partenaires privés, dont certains sont eux aussi touchés économiquement.

Quatrième au moment où le championnat de Star Ligue s’est achevé, le club ne disputera pas la ligue des champions en 2020-2021. Alors qu’il était qualifié pour les huitièmes de finale de cette saison, le double champion d’Europe ne pourra pas non plus y défendre ses chances.

Dès les mesures de financement du chômage partiel annoncée par l’État, mi-mars, le MHB ( Montpellier handball) a décidé de placer la totalité de ses salariés au chômage technique. « C’est grâce à cela que nous existons toujours », note Julien Deljarry, le président du club de hand le plus titré de France. « Le handball est un sport économiquement raisonnable. Le chômage partiel est plafonné à 4,5 fois le SMIC. Il y a des pertes mais cela nous permet de sauver notre économie », précise le manager général Patrice Canayer.

Comme l’ensemble du monde sportif professionnel, le MHB a été envoyé au tapis par la pandémie du coronavirus. « Ça nous a obligés à revoir notre structure », reconnaît l’homme fort du club. Mais après avoir craint le pire, l’institution a repris des couleurs. « On avait chiffré à 400.000 € par mois les pertes si on nous avait imposé de finir la saison à huis clos. Soit 1,5 million de déficit. Les clubs ne s’en seraient pas relevés. »

Contre le huis clos

L’arrêt des compétitions a écarté cette éventualité. Mardi, les clubs professionnels ont acté la reprise du championnat au 23 septembre. Ils y ont ajouté un garde-fou. « On ne reprendra pas si on nous impose le huis clos », précise Julien Deljarry.

La part de la billetterie représente environ 10 % du budget de la SAS (7,3 millions d’euros), la structure pro du MHB. Une part importante. Pas autant que l’hospitalité les jours de match, l’une des contreparties aux partenariats privés. « Notre modèle économique ne permet pas de jouer sans public », reprend le président.

« La grande crainte, c’est la saison qui arrive »

« La grande crainte, c’est la saison qui arrive », expliquait fin avril Patrice Canayer. Les collectivités (39 % du budget) ont annoncé la stabilité des subventions. Mais quid des partenaires privés (25 % du budget), dont certains ont encaissé durement la crise sanitaire ? Privé de Ligue des champions la saison prochaine, Montpellier ne peut dans le même temps compter que sur une faible part de droits TV (5 % de son budget). « On devra peut-être faire des efforts au quotidien, limiter nos efforts en communication ou voyager de façon un peu moins confortable », reconnaît le président.

Le club n’a en revanche pas demandé aux joueurs de baisser leur salaire – « l’une de nos priorités est de rester compétitif », rappelle Julien Delharry. Mais eux aussi ont « fait des sacrifices financiers ». L’effectif du MHB est au chômage partiel (et ne touche que 84% de son salaire net). Il le restera, à mi-temps, jusqu’à la reprise du championnat. C’est la raison pour laquelle la reprise (à temps partiel) a été anticipée dès le 29 juin.

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