Coronavirus à Marseille : « C’était un carnage », les policiers sous équipés galèrent à faire respecter le confinement

Les policiers ont beaucoup de mal à faire respecter le confinement à Marseille, où les interdictions se multiplient. — Daniel Cole/AP/SIPA

  • A Marseille des personnes ne respectaient les consignes de confinement mercredi, en allant se promener au bord de la plage ou en faisant jouer les enfants dans les squares.
  • Le préfet des Bouches-du-Rhone a pris un arrêté interdisant les accès à la place, et la sécurité publique annonce une multiplication des verbalisations.
  • Les policiers se sentent démunis face à la situation, sans mesures de sécurité.

« Mercredi après-midi, c’était un carnage ». A Marseille, difficile de faire respecter les mesures de confinement mises en place par le gouvernement depuis mardi midi pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus en France. Soleil, plage, promenade, joggings, toutes les raisons étaient bonnes pour braver l’interdit, désormais passible d’une amende de 135 euros.

Cette source policière évoque des « incivismes généralisés ». « Les gens font comme s’ils étaient en vacances de Pâques. Des gamins jouent dans les squares avec d’autres enfants, mardi sur les plages du Prado c’était un défilé de poussettes avec des gosses, un défilé de pseudo-joggeurs. Au marché aux puces, la situation est hallucinante. Personne ne respecte les distances de sécurité. En fait c’est partout pareil, dans les beaux quartiers comme dans les quartiers Nord. On n’est pas latin pour rien », en rit jaune ce policier.

171 contraventions adressées mercredi

Au sein de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône on explique « être rentré dans la phase de répression. 135 euros, ça dissuade. On est sûr de ne pas les revoir le lendemain, et on va multiplier les verbalisations », prévient-on. Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, « mercredi, les contrôles fixes et mobiles effectués par les policiers et gendarmes dans l’ensemble du département ont conduit à dresser 171 contraventions de 135 euros pour violations des mesures de confinement ».

Mais cette « phase de répression » ne semble pas suffire, le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout a pris ce jeudi un arrêté pour interdire l’accès aux plages, très fréquentées depuis le début du confinement, et ce jusqu’à la fin de la période de confinement. Qui devrait forcément être prolongée face à ces incivismes. Mercredi, déjà, l’accès au Parc des Calanques avait été formellement interdit.

Déjà des arrêts maladies

« Mais les consignes ont du mal à passer. J’ai des collègues en région parisienne qui embarquent certaines personnes pour outrage et rébellion après les avoir amendés plusieurs fois. Et la réflexion de mettre les gens en garde à vue pour mise en danger d’autrui fait son petit chemin… », confie cette source policière. Dans les pays voisins, les sanctions sont d’ailleurs plus sévères. Les Italiens risquent une amende de 200 euros, et une peine d’un an d’emprisonnement en cas de non-respect des consignes. En Espagne, c’est une amende de 600 euros et jusqu’à six mois d’emprisonnement pour ceux qui ne respectent pas le confinement.

Une situation d’autant plus problématique pour les policiers, qui ne bénéficient d’aucun équipement de sécurité. « En plus de l’incivisme généralisé, on est dans une désorganisation complète. On est obligé d’aller au contact alors qu’on n’a même pas de masques. On nous change nos horaires, on nous donne des nouvelles missions, mais on ne peut même pas travailler en sécurité. On prend la foudre et on n’a pas de consignes claires », déplore ce policier. Qui voit déjà certains de ses collègues se mettre en arrêt maladie.

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