Coronavirus à Lyon : Une femme de 23 ans jugée après avoir fabriqué des milliers de faux pass sanitaires

Une Lyonnaise de 23 ans, qui estime avoir émis plusieurs milliers de faux pass sanitaires, va être présentée lundi à un juge d’instruction de la région parisienne. Celui-ci enquête sur l’appartenance de la jeune femme à « un réseau », ce qu’elle conteste formellement. « Mes pass sanitaires sont faux mais authentiques, et validés par la Sécu », indique l’intéressée au Progrès.

Le 7 décembre, elle a vu des enquêteurs parisiens et le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) débarquer à 6 heure du matin dans son appartement de Bron (Rhône). « J’ai cru que j’avais tué le président ! Ils ont braqué ma gamine qui dormait dans mon lit. Ils étaient sur moi depuis le mois de juillet », témoigne la faussaire de pass sanitaires, qui ne touchait que le RSA avant de se lancer à partir d’une vidéo YouTube sur cette « combine facile pour se faire de l’argent ».

Elle s’est servie de l’identifiant de 200 à 300 praticiens

14.000 euros ont été retrouvés dans une armoire chez cette jeune mère de famille, ainsi que l’ordinateur avec lequel elle fabriquait depuis cinq mois des faux pass sanitaires. Elle se connectait en effet sur la page « Vaccin covid » de l’Assurance maladie avec des identifiants de médecins récupérés via le site Doctolib. « J’ai dû prendre l’identifiant de 200 à 300 praticiens. J’étais de 8 à 20 heures devant mon ordinateur sans pause, tous les jours, ça m’a fait un beau paquet d’argent », reconnaît la jeune femme, qui facturait chaque faux pass entre 50 et 100 euros.

Relâchée début décembre à l’issue de sa garde à vue, elle sera donc fixée sur son sort lundi, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « entente en vue d’un accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données à caractère personnel, mis en œuvre par l’État, escroquerie réalisée en bande organisée, et blanchiment aggravé ».