Coronavirus à Lyon : Une étude clinique menée auprès de personnes atteintes du cancer et touchées par le Covid-19

Le centre Léon Bérard de Lyon lance une étude clinique auprès de 273 patients atteints de cancer et touchés par le coronavirus. — Philippe Merle/ AFP

  • Le centre anti-cancéreux Lyon Bérard lance une étude clinique auprès de 273 patients atteints du cancer et du coronavirus.
  • Deux groupes seront observés : les malades en détresse respiratoires et ceux qui présentent des symptômes moins graves.
  • Chacun testera trois traitements différents afin de voir lequel fonctionne le mieux.

Le centre anti-cancéreux Léon Bérard de Lyon a annoncé mardi qu’il lançait le jour même deux protocoles de recherche dont une étude clinique incluant des patients touchés simultanément par le coronavirus  et le cancer.

« A ce jour, aucun traitement n’a encore prouvé son efficacité. Mais comme les plus de 70 ans, les patients atteints de cancer solides ou cancers du sang sont plus fragiles et peuvent développer la maladie Covid-19 avec plus de complications », expose l’établissement.

Trois traitements différents

L’étude prévoit d’inclure 273 patients de toute la France. Des malades ayant « un cancer à un stade avancé, précise l’oncologue Philippe Cassier qui cordonne ce projet. Dans le cas de l’épidémie de coronavirus, il n’était pas sûr que ces patients puissent être admis en réanimation. Cette étude permet de ne pas les exclure des autres études. »

Deux groupes vont être constitués dans le mois. D’un côté, les personnes touchées par le virus, mais qui parviennent à respirer normalement et n’ont pas besoin d’être oxygénées. De l’autre, celles qui sont en détresse respiratoires et donc dans un état plus critique. Chacun des groupes testera trois traitements différents, pout déterminer le plus efficace contre le Covid-19 ou en limiter ses effets.

Un analogue de la chloroquine aux effets «10 à 50 fois supérieurs»

Le premier traitement « standard » ou « classique » consistera à administrer aux malades des antibiotiques. Le second de les traiter avec du GNS561, un analogue de la chloroquine mais dont les effets « sont 10 à 50 fois supérieurs à la chloroquine, révèle Philippe Cassier. L’objectif sera de démontrer que ce médicament marche mieux sur ce type de patients. »

Le troisième traitement sera l’immunothérapie pour les personnes n’ayant pas de problèmes respiratoires avec comme objectif de « booster leurs défenses immunitaires ». Ou l’administration d’un anticorps, anti-interleukine-6R, pour les autres. Là, il s’agira de « freiner l’emballement immunitaire ». « On est parti d’une étude chinoise, menée sur une vingtaine de malades, qui a montré que ce protocole permettrait de les aider à mieux respirer en diminuant l’inflammation respiratoire », expose l’oncologue précisant que les patients seront tirés au sort.

« Cela est nécessaire et c’est ce qui manque dans l’étude menée actuellement par Didier Raoult, estime-t-il. Ces études doivent permettre de voir ce qui fonctionne le mieux pour les patients, selon leur état de santé et la gravité des symptômes ». Les premiers essais devraient intervenir dans les prochains jours. Les premiers enseignements de ces études seront connus d’ici deux mois.

Une étude observationnelle

Les chercheurs et médecins du centre Léon Bérard mèneront en parallèle une autre étude, cette fois « observationnelle », de « grande ampleur », qui a pour but de collecter des données en suivant l’évolution des patients atteints de cancer en cours de traitement et présentant des symptômes de Covid-19.

« On émet l’hypothèse que ces personnes atteintes de tumeurs malignes en traitement actif sont plus à risque de développer des complications graves du coronavirus », précise le centre. Lundi, six patients avaient déjà été inclus dans cette étude.

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