Coronavirus à Lyon : « Nous avons, pour l’instant, uniquement des cas Delta en réanimation »

Un nombre de cas qui explose. Dans le département du Rhône, le taux d’incidence de l’épidémie de coronavirus est désormais de 1.661 cas positifs pour 100.000 habitants. Contre 1.200, trois jours plus tôt. Des chiffres supérieurs à la moyenne nationale. Et du jamais vu depuis le début de la pandémie. Pour rappel, au plus fort de la deuxième vague, à l’automne 2020, le taux d’incidence n’avait pas excédé 900. Alors que la courbe de contaminations grimpe de façon exponentielle depuis deux semaines, quelle est la situation dans les hôpitaux de Lyon ? Le point sur la situation.

Des services de réanimation saturés mais moins de patients positifs au Covid

A la veille du bilan hebdomadaire des HCL, Hospices civils de Lyon, le taux d’occupation des services de réanimations était de 92,9 %. « L’évolution est importante depuis quinze jours. On a observé lors de la première semaine des vacances de Noël, une très forte pression sur la réanimation avec un taux de saturation proche de 100 %, relève Jean-Christophe Richard, chef du service de médecine intensive, de réanimation et de surveillance continue médicale de l’hôpital de la Croix-Rousse. Nous étions très inquiets pour la deuxième semaine mais la pression s’est un tout petit peu desserrée. »

En ce début d’année, 80 patients sont hospitalisés dans les différents services de réanimation de Lyon. Soit « moitié moins que lors des pics des deuxième et troisième vagues », observe le médecin. « Si les services de réanimation restent saturés, la différence est qu’il y a beaucoup moins de patients atteints du coronavirus », résume-t-il.

« Le taux de mortalité pour les patients atteints de Delta reste très élevé »

Face à la démultiplication de cas positifs sur le territoire, les hospitalisations conventionnelles ont logiquement augmenté dans les établissements lyonnais. « L’impression, mais nous restons prudents, est que les patients, pris en charge dans ces services, présentent une forme moins grave de la maladie, ne nécessitant pas d’assistance respiratoire. On pourrait penser qu’Omicron est effectivement moins embêtant que Delta », souligne le médecin.

Si le variant Omicron est désormais majoritaire sur le territoire national et bien plus contagieux que Delta, il ne s’invite pas encore dans les services de réanimation lyonnais, où une seule suspicion du variant Omicron a été enregistrée pour l’instant. « Nous sommes clairement que sur des cas Delta en réanimation », souligne Jean-Christophe Richard. Et de révéler : « Le taux de mortalité pour les patients atteints de Delta et placés en réanimation reste très élevé : 35 %. » Et 50 % pour les personnes intubées.

Une majorité de patients non-vaccinés

Sur les 80 personnes actuellement hospitalisées en réanimation sur le territoire lyonnais, 36 % d’entre elles avaient reçu deux doses de vaccins « depuis le mois de juillet ». Des statistiques qui grimpent au fil des semaines. Certains, une infirme proportion, avaient reçu une troisième dose de rappel. Cela concerne essentiellement des personnes immunodéprimées. Mais la grande majorité des patients, placés en réanimation, reste des personnes non-vaccinées. « Plus de 60 % », appuie Jean-Christophe Richard, insistant sur l’importance de la vaccination. « Je conseille fortement aux gens de le faire. Actuellement 10 % de la population française n’est pas vaccinée mais ils constituent 60 % des cas Covid en réanimation. Si nous sommes arrivés à éradiquer des maladies graves comme la variole ou la polio, c’est grâce à la vaccination » , conclut-il.