Coronavirus à Lyon : La CGT des Hospices de Lyon va porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui

Illustration du coronavirus à l’hôpital — SYSPEO/SIPA

  • La CGT des Hospices de Lyon va porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui
  • Cette plainte fait suite à la diffusion d’une note de la direction invitant à ne pas jeter les blouses qui vont être lavées et réutilisées, en pleine épidémie de coronavirus. 

« La goutte d’eau a été de nous demander de garder du matériel à usage unique pour pouvoir le laver, le stériliser et le remettre en circulation », soupire Cécile Bulin, secrétaire générale du syndicat CGT de l’Hôpital Lyon Sud.

Ce lundi, en pleine épidémie du coronavirus, la CGT des Hospices de Lyon va porter plainte au pénal contre la directrice générale des Hospices de Lyon Catherine Geindre, le secrétaire général des Hospices de Lyon Patrick Déniel, le président de la commission médicale d’établissement Olivier Claris, a appris 20 Minutes auprès du syndicat. Elle vise également le président du conseil de surveillance des Hospices de Lyon Gérard Collomb et son prédécesseur pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

Des blouses jetables lavées

Cette plainte fait notamment suite à la diffusion au sein des HCL d’une note interne destinée aux agents des hospices de Lyon, limitant l’usage des dispositifs de protections individuelles, comme les masques et les surblouses, ainsi qu’une série de « dysfonctionnements » en pleine pandémie de coronavirus, indique Geoffroy Bertholle, responsable de la coordination des syndicats CGT des HCL et un des dépositaires de cette plainte.

Dans cette note que 20 Minutes a pu consulter, les HCL reconnaissent faire face à une « rupture d’approvisionnement » de matériel indispensable à la protection des soignants comme les gants, les surblouses ou les tabliers.. Pour y faire face, la note suggère, entre autres, le relavage des tabliers et surblouses pourtant initialement à usage unique, ainsi que la fabrication, à partir de sac poubelles, de tabliers en plastique, tutoriel vidéo à l’appui. Des recommandations qui suivent des instructions nationales, selon plusieurs sources concordantes à 20 Minutes.

Un manque de moyens

Le syndicat estime que les pratiques actuellement en œuvre au sein des hôpitaux lyonnais mettent en danger les soignants qui y travaillent. « Vendredi dernier, notre directrice générale a envoyé un mail à tous les hospices civils de Lyon nous indiquant que les surblouses et les tabliers en plastique devaient être gardés parce qu’ils allaient les laver, affirme Cécile Bulin. Alors que c’est à usage unique ! Donc on ne doit pas les laver ! Comment peut-on les laver ? »

Cette pratique, liée à la pénurie générale de matériels de protection en France, est également dénoncée auprès de 20 Minutes par plusieurs syndicats de soignants de l’AP-HM à Marseille. « Par manque de moyens, ils décident de laver les blouses à usage unique », lance Yves Castino, délégué CGT à la Timone. Contacté, le CHU de Lyon n’a pour l’heure pas donné suite à nos sollicitations. De son côté, l’AP-HM reconnaît avoir diffusé cette instruction, conformément aux demandes du gouvernement, mais affirme qu’aucune surblouse pour l’heure n’a été relavée.

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